Le 31 octobre, 150 défilés autorisés et 70 000 membres des forces de l’ordre mobilisés

Gilets jaunes, syndicats et lycéens défilent pour un troisième week-end, sous la menace de violences au soir d’Halloween et avec des couvre-feux annoncés.

Awa Kanouté Par Awa Kanouté
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Le 31 octobre, 150 défilés autorisés et 70 000 membres des forces de l’ordre mobilisés
Des forces de l’ordre déployées lors d’un rassemblement urbain dans une rue commerçante.

En bref

  • Le ministère de l’Intérieur compte 150 défilés autorisés pour le samedi 31 octobre.
  • Les cortèges restent en principe hors des centres-villes, avec des cas disputés à Paris, Bordeaux et Rennes.
  • Les autorités redoutent des violences à la tombée de la nuit et annoncent interdictions, fermeté pénale et couvre-feux.

Pour le troisième week-end consécutif, gilets jaunes, syndicats et organisations de jeunesse sont appelés à défiler le samedi 31 octobre, sous la surveillance de 70 000 membres des forces de l’ordre.

Selon franceinfo, les 17 et 24 octobre avaient déjà réuni des centaines de milliers de personnes dans le pays. Parmi les causes dénoncées figurent la vie chère, les moyens jugés insuffisants de l’Éducation nationale et la gestion policière du mouvement lycéen.

Qui appelle à manifester, et avec quels chiffres

150défilés autorisés, selon l’entourage du ministère de l’Intérieur
70 000membres des forces de l’ordre mobilisés, comme le 24 octobre
179manifestations recensées sur le site des gilets jaunes

L’appel des gilets jaunes date du 24 octobre. Leur coordination parle d’un « acte 3 pour nos libertés » et vise la convergence des luttes, notamment avec la jeunesse. Azelma Sigaux, co-porte-parole de la coordination nationale, a assuré : « Il y aura un acte III, IV, et V ».

L’intersyndicale jeunesse, qui réunit l’Union étudiante, La Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne, appelle elle aussi à défiler, malgré les annonces du gouvernement sur le remplacement progressif de Parcoursup et la création de places dans le supérieur. Sabrine Karbach, porte-parole de l’Union étudiante, a déclaré : « On arrive à avoir des gains avec la mobilisation, mais ça reste des miettes ».

Du côté syndical, la CGT, la FSU, Solidaires et FO seront présentes dans plusieurs villes, et les trois premières appellent à des mobilisations locales.

Manifestants défilant dans une rue bordée d’arbres, portant des masques et tenant une pancarte avec des sinogrammes.
Des manifestants défilent en milieu urbain avec des pancartes et des drapeaux lors d’un rassemblement en journée. Photo : Jimmy Liao / Pexels

Des tracés tenus à distance des centres-villes

Emmanuel Macron a annoncé le lundi que les parcours resteraient hors des centres-villes pour protéger les commerces. Plusieurs villes illustrent la manœuvre, d’après ici (France Bleu).

Ville Situation
Paris Le tribunal administratif a suspendu l’arrêté qui interdisait le parcours CGT Bastille-Nation. La préfecture avait imposé un trajet porte de Bagnolet-porte de Charenton dès 14 h, et le préfet de police fait appel. Le parcours gilets jaunes Bastille-Concorde reste interdit pour risques de violences.
Bordeaux Le cortège de l’intersyndicale est autorisé, contrairement à la semaine précédente, après des garanties de sécurisation. Marc Zarrouati, préfet délégué pour la défense et la sécurité de la zone sud-ouest, a déclaré : « Nous avons décidé de ne pas interdire le parcours de l’intersyndicale. »
Rennes Interdite d’abord, la manifestation a finalement été autorisée une fois le parcours accepté par les syndicats.
Caen Le parcours contourne l’hypercentre.
Rouen et Le Havre Des arrêtés interdisent les rassemblements dans les centres-villes.

Halloween, la crainte des violences du soir

Dans une lettre aux préfets, Laurent Nuñez signale un risque de violences urbaines très élevé du début de soirée jusque tard dans la nuit. Son ministère vise des appels à se rassembler sur les places publiques à partir de 20 h, sous prétexte d’Halloween. Les forces de sécurité craignent des cortèges sauvages et des attaques de bâtiments publics.

Agathe Foucault, porte-parole de la police nationale, a résumé : « la principale menace, c’est la mobilisation des casseurs et des pilleurs à la tombée de la nuit ». Des collectifs appellent à une « nuit des ténèbres », rassemblements que les préfets interdiront, a annoncé le ministre, qui promet que « la réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté ».

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs le maintien d’une réponse pénale ferme et rapide. Des effectifs du Raid seront déployés pour protéger les bâtiments publics les plus exposés, en cas de besoin urgent et impérieux.

Selon le ministre, aucun motif légitime ne permettra de dissimuler son visage sous couvert d’Halloween.

Photo : KNKO Photography / Pexels