Le Pen et Mélenchon se renvoient la faute des violences du 17 octobre
Le soir du 17 octobre, la patronne du RN vise les Insoumis, le candidat de LFI cible le préfet et les chaînes d’info, et l’exécutif promet des poursuites.
En bref
- Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes en marge des manifestations du samedi 17 octobre.
- Marine Le Pen met en cause La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon vise le maintien de l’ordre et les chaînes d’information.
- Le Premier ministre, Emmanuel Macron et Gérald Darmanin annoncent une réponse ferme et des poursuites.
Le samedi 17 octobre, la mobilisation sociale a été marquée par des affrontements dans plusieurs villes de France, et la classe politique s’est aussitôt divisée sur les responsabilités. D’après HuffPost France, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont chacun renvoyé la faute à l’autre camp.
Un duel déjà installé à six mois de la présidentielle
La patronne du Rassemblement national a écrit que « les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche ». Elle a ensuite visé les députés de La France insoumise : selon elle, leurs discours, « en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos ».
Le Pen est présentée comme la favorite des sondages. De récents sondages dessinent un possible duel avec Mélenchon au second tour, à six mois de la présidentielle, ce qui donne à cet échange une portée directement électorale.
La défense de Mélenchon : un cortège calme, un préfet et des écrans
Le candidat Insoumis a défilé dans le cortège parisien, arrivé dans le calme place de Clichy, devant des jeunes scandant « Jean-Luc président ». Sur X, il a retourné l’accusation : à Paris, « le désordre est organisé par le préfet qui interdit l’accès à la place de la République en gazant sans relâche ».
Il a également critiqué le choix d’images des chaînes d’information. D’après lui, « Pendant que les chaînes d’info inondent d’images de violence dans des dizaines de villes, tout se déroule dans le calme avec des dizaines de milliers de gens calmement mobilisés ». Selon son analyse, ces séquences occultent l’essentiel ainsi que le bien-fondé des demandes portées par les manifestants.
Par la suite, il s’est adressé à ses partisans sur X : celles et ceux qui défendent la même cause n’ont pas leur place dans les pillages ni dans les destructions, quelle que soit la part de responsabilité des autorités. Il fait de la jeunesse un axe central de sa stratégie et appuie le mouvement des lycéens depuis son origine. Il félicite l’inventivité des manifestants, qu’il présente comme un « signal de renouveau » « plus puissant que Mai 68 ».
Opposition et droite : des lectures opposées
| Responsable | Position |
|---|---|
| Jordan Bardella (RN) | Fustige les « professionnels du chaos » |
| Éric Ciotti (allié du RN) | Dénonce un « fascisme rouge » dans les rues |
| Marine Tondelier (écologistes) | Juge la doctrine du maintien de l’ordre à revoir : une atteinte aux libertés publiques qui met manifestants et policiers en danger |
| Bruno Retailleau (LR) | Il fustige une « violence anti-flic qui se déchaîne » et considère que « la force implacable de l’État est la seule réponse possible » |
« J’en ai ras le bol de la doctrine du maintien de l’ordre dans ce pays. »
Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle
Ainsi, Tondelier, qui vient de reprendre après son congé maternité, attaque la façon dont le gouvernement a répondu, alors que Retailleau, dans le prolongement des déclarations fermes d’Édouard Philippe et de Sébastien Lecornu, pense que ces individus n’ont droit qu’à la prison.
La réponse de l’exécutif
- Le Premier ministre a assuré les forces de l’ordre de « tout » son appui. Dans un message sur X, il a détaillé les instructions : stopper les violences, préserver les biens comme les personnes, arrêter les responsables puis les présenter à la justice.
- Emmanuel Macron a affirmé que ceux qui ont « cassé » et « pillé » seraient « poursuivis et punis ». Au nom de la Nation, il a témoigné son appui aux policiers et gendarmes, qu’il décrit comme les garants du droit de manifester.
- Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a indiqué avoir demandé aux procureurs une réponse pénale « extrêmement ferme » face à des « violences urbaines d’une gravité inouïe ». Il affirme : « Le placement en détention provisoire doit être requis contre ceux qui s’en sont pris aux forces de l’ordre, aux sapeurs-pompiers, aux bâtiments publics et aux commerces ».
Le président de la République estime que la nation doit se montrer unie contre ceux qui sèment le désordre et veulent seulement faire tomber les institutions du pays.
Photo : Serkan Gönültaş / Pexels



