Une semaine après un premier naufrage, la Bulgarie tient la Russie pour responsable, sans preuve
Un navire a coulé et onze marins sont portés disparus : la Bulgarie convoque l’ambassadrice russe, mais ne détient aucune preuve sur l’origine des drones.
En bref
- Deux navires marchands ont été frappés par des drones dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, au large de la Bulgarie.
- Le HS Dignity a coulé ; onze personnes sont portées disparues.
- Roumen Radev a convoqué l’ambassadrice de Russie, tout en admettant ne pas avoir de preuves solides.
- L’UE, l’Otan et Kiev ont réagi à ces attaques.
Une nuit d’alerte au large de Byala et de Krapets
Le signal d’un navire en détresse est arrivé à 1 h 30, dans la nuit de lundi à mardi, comme l’a retracé Roumen Radev devant le Conseil de sécurité bulgare, réuni en urgence. Le Premier ministre a ensuite annoncé sur X, le mardi 13 octobre, que deux navires venaient d’être frappés près des côtes de son pays. Selon le récit de franceinfo, le premier bâtiment battait pavillon maltais et appartenait à l’Ukraine : l’équipage affirme avoir été visé par trois drones aériens.
Ces positions proviennent du gouvernement bulgare. Le premier navire, le Chelsea 3, est immatriculé à Odessa. Son équipage comptait sept Ukrainiens et huit Azerbaïdjanais, conduits au port de Varna ; cinq d’entre eux reçoivent des soins pour des blessures légères.
La seconde frappe a touché le HS Dignity, sous pavillon de Guinée-Bissau. Le navire a coulé. Une porte-parole de l’administration régionale de Dobrich a indiqué à l’AFP que onze personnes manquaient à l’appel et que cinq autres avaient été sauvées.
Une semaine après un premier épisode
Ces frappes surviennent sept jours après deux attaques similaires dans la zone économique exclusive bulgare. Un navire avait alors coulé ; son équipage, neuf Syriens et un Égyptien, est toujours porté disparu. Les dix-huit marins de l’autre bâtiment avaient été secourus.
Où en est l’enquête
- Aucun débris de drone n’a été retrouvé malgré les recherches.
- Sofia examine des données satellitaires pour identifier les responsables, avant d’envisager toutes les mesures diplomatiques et juridiques possibles.
- La Bulgarie avait réclamé une assistance technique, un drone sous-marin notamment, pour établir l’origine de la série d’attaques. Roumen Radev avait écrit à l’Otan et à l’UE, et sollicité l’Agence européenne pour la sécurité maritime.
Radev désigne la direction, sans preuve
Membre de l’Otan et de l’Union européenne, la Bulgarie est dirigée par un Premier ministre qui tente de concilier son ancrage euro-atlantique et une approche plus conciliante envers Moscou. Cette fois, il a convoqué l’ambassadrice de Russie, Eleonora Mitrofanova, et prévenu l’Otan. Il juge l’attaque « absolument inacceptable ».
Pour la première fois, il oriente son regard vers le Kremlin, ce qu’il n’avait pas fait une semaine plus tôt. Sa formulation reste toutefois prudente : « Nous ne disposons pas de preuves solides et claires pour porter des accusations contre l’une ou l’autre des parties, mais d’après toute logique, le résultat penche vers la Russie. » La ministre des Affaires étrangères, Velislava Petrova, dit avoir évoqué avec l’UE et l’Otan le besoin d’aide pour l’enquête, notamment sur l’origine des drones.
Les réactions à Bruxelles, à l’Otan et à Kiev
| Acteur | Position |
|---|---|
| Ursula von der Leyen, Commission européenne | Condamne fermement ces attaques et affirme que l’UE se tient aux côtés de la Bulgarie |
| Roberta Metsola, Parlement européen | Parle d’une « menace supplémentaire pour la sécurité et la stabilité en mer Noire » |
| Mark Rutte, Otan | Annonce un dispositif de défense ajusté selon les besoins, après un renforcement du flanc oriental |
| Andriï Sybiga, Ukraine | Réclame davantage de pression sur la Russie, la mer Noire étant selon lui une bouée de sauvetage pour la sécurité alimentaire mondiale |
« nouveau front d’escalade de la guerre russe en Ukraine »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
Le ministre ukrainien va plus loin : « La Russie l’attaque afin de transformer la faim en arme et de prendre le monde en otage ». Cette accusation émane de Kiev et n’est pas vérifiée par le dossier.
Photo : Paulo gustavo Modesto / Pexels



