Des lycéens français se réclament de la Gen Z des révoltes du Sud

Lycéens et étudiants français affichent leur solidarité avec la jeunesse du Népal, de Madagascar ou du Maroc, malgré des revendications bien différentes.

Thibault Lartigau Par Thibault Lartigau
3 min de lecture
Des lycéens français se réclament de la Gen Z des révoltes du Sud
Photo d’illustration. Trois adolescents assis sur un banc en extérieur regardent un écran de smartphone tout en mangeant des sandwichs.

En bref

  • Les blocus ont été lancés par des lycéens, rejoints ensuite par des étudiants.
  • La mobilisation française est rapprochée de celles du Kenya, du Népal, du Maroc, du Pérou et de Madagascar.
  • Le sociologue Paolo Stuppia relève hyperconnexion, humour et références communes.
  • Des appels à manifester sont aussi venus de Belgique, d’Italie et d’Allemagne.

Les jeunes qui bloquent des lycées et des universités en France ne se pensent pas isolés : ils affichent un lien avec les soulèvements de leur génération dans des pays du Sud, et la ressemblance tient moins aux revendications, différentes, qu’à une manière commune de s’organiser et de se raconter. C’est ce que décrit HuffPost France, qui s’appuie sur l’analyse d’un sociologue.

Des blocus lancés par les lycéens, une identité revendiquée

À l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), une étudiante prénommée Anna lève une pancarte où l’on lit « Jeunesse dorée ». Elle revendique avec fierté son appartenance à la Gen Z : « C’est la jeunesse d’or, la jeunesse la plus importante, c’est la GenZ quoi. » Dans les blocus, initiés par des lycéens et ensuite rejoints par des étudiants, les jeunes assument franchement cette appellation.

Un écho venu du Sud et gagnant l’Europe

Le mouvement français est rapproché du soulèvement de la même génération au Kenya, au Népal, au Maroc, au Pérou et à Madagascar. Le lien est affiché, et la jeunesse française exprime sa solidarité envers celle des autres pays, même si les revendications et les conditions de ces mobilisations diffèrent.

Dimension Ce que rapporte HuffPost France
Pays du Sud rapprochés Kenya, Népal, Maroc, Pérou, Madagascar
Attitude de la jeunesse française Solidarité affichée avec les autres mobilisations
Pays européens concernés Belgique, Italie, Allemagne, où la Gen Z a lancé des appels à manifester
Point de départ en France Blocus de lycéens, rejoints par des étudiants

Les codes décryptés par Paolo Stuppia

Paolo Stuppia, sociologue spécialiste des mouvements sociaux de la jeunesse, est coauteur d’un ouvrage consacré à l’engagement et aux démobilisations des jeunes, publié aux Éditions Cavalier bleu. Il identifie plusieurs éléments propres à cette génération, à commencer par une connexion constante. « Il y a cette idée de génération interconnectée mais aussi ultra-connectée où on a des choses qui se passent en temps réel et qu’on peut transmettre d’un bout à l’autre de la France comme d’un bout à l’autre de la planète, » explique-t-il.

Grâce à cette connexion, les crises sont vécues en direct : un blocage publié sur un réseau social incite à le reproduire d’un lycée ou d’une faculté à l’autre. Outre l’hyperconnexion, la Gen Z possède aussi un humour et un fonds de références communs, qui offrent à ces mouvements un langage partagé par-delà les frontières.

Des revendications plus larges que le seul quotidien

Selon Paolo Stuppia, les mouvements de jeunesse à travers le monde ne s’arrêtent pas aux revendications premières et matérielles : ils portent une vision plus systémique. Le sociologue cite plusieurs crises qui s’y retrouvent :

  • la baisse du pouvoir d’achat ;
  • les crises qui touchent le futur économique, donc l’entrée sur le marché du travail ;
  • la crise environnementale ;
  • les crises géopolitiques, dont celle de Gaza.

Ces jeunes font par ailleurs référence à d’autres générations, notamment celle de mai 68.

Photo : Max Fischer / Pexels

Thibault Lartigau

L’actualité, remise en perspective

Thibault Lartigau

Thibault Lartigau a analysé des dossiers de crédit aux entreprises dans une banque régionale pendant quinze ans. Il suit l'économie et la finance pour Newsly : marchés, taux, épargne et résultats des grandes entreprises. Il traduit les montants en ordres de grandeur que l'on peut se représenter. Il entraîne une équipe de rugby de moins de douze ans près de Bayonne.