Des lycéens français se réclament de la Gen Z des révoltes du Sud
Lycéens et étudiants français affichent leur solidarité avec la jeunesse du Népal, de Madagascar ou du Maroc, malgré des revendications bien différentes.
En bref
- Les blocus ont été lancés par des lycéens, rejoints ensuite par des étudiants.
- La mobilisation française est rapprochée de celles du Kenya, du Népal, du Maroc, du Pérou et de Madagascar.
- Le sociologue Paolo Stuppia relève hyperconnexion, humour et références communes.
- Des appels à manifester sont aussi venus de Belgique, d’Italie et d’Allemagne.
Les jeunes qui bloquent des lycées et des universités en France ne se pensent pas isolés : ils affichent un lien avec les soulèvements de leur génération dans des pays du Sud, et la ressemblance tient moins aux revendications, différentes, qu’à une manière commune de s’organiser et de se raconter. C’est ce que décrit HuffPost France, qui s’appuie sur l’analyse d’un sociologue.
Des blocus lancés par les lycéens, une identité revendiquée
À l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), une étudiante prénommée Anna lève une pancarte où l’on lit « Jeunesse dorée ». Elle revendique avec fierté son appartenance à la Gen Z : « C’est la jeunesse d’or, la jeunesse la plus importante, c’est la GenZ quoi. » Dans les blocus, initiés par des lycéens et ensuite rejoints par des étudiants, les jeunes assument franchement cette appellation.
Un écho venu du Sud et gagnant l’Europe
Le mouvement français est rapproché du soulèvement de la même génération au Kenya, au Népal, au Maroc, au Pérou et à Madagascar. Le lien est affiché, et la jeunesse française exprime sa solidarité envers celle des autres pays, même si les revendications et les conditions de ces mobilisations diffèrent.
| Dimension | Ce que rapporte HuffPost France |
|---|---|
| Pays du Sud rapprochés | Kenya, Népal, Maroc, Pérou, Madagascar |
| Attitude de la jeunesse française | Solidarité affichée avec les autres mobilisations |
| Pays européens concernés | Belgique, Italie, Allemagne, où la Gen Z a lancé des appels à manifester |
| Point de départ en France | Blocus de lycéens, rejoints par des étudiants |
Les codes décryptés par Paolo Stuppia
Paolo Stuppia, sociologue spécialiste des mouvements sociaux de la jeunesse, est coauteur d’un ouvrage consacré à l’engagement et aux démobilisations des jeunes, publié aux Éditions Cavalier bleu. Il identifie plusieurs éléments propres à cette génération, à commencer par une connexion constante. « Il y a cette idée de génération interconnectée mais aussi ultra-connectée où on a des choses qui se passent en temps réel et qu’on peut transmettre d’un bout à l’autre de la France comme d’un bout à l’autre de la planète, » explique-t-il.
Grâce à cette connexion, les crises sont vécues en direct : un blocage publié sur un réseau social incite à le reproduire d’un lycée ou d’une faculté à l’autre. Outre l’hyperconnexion, la Gen Z possède aussi un humour et un fonds de références communs, qui offrent à ces mouvements un langage partagé par-delà les frontières.
Des revendications plus larges que le seul quotidien
Selon Paolo Stuppia, les mouvements de jeunesse à travers le monde ne s’arrêtent pas aux revendications premières et matérielles : ils portent une vision plus systémique. Le sociologue cite plusieurs crises qui s’y retrouvent :
- la baisse du pouvoir d’achat ;
- les crises qui touchent le futur économique, donc l’entrée sur le marché du travail ;
- la crise environnementale ;
- les crises géopolitiques, dont celle de Gaza.
Ces jeunes font par ailleurs référence à d’autres générations, notamment celle de mai 68.
Photo : Max Fischer / Pexels



