Le contre-budget du RN éclipsé par les écrits attribués à Jordan Bardella
Le contre-budget du 6 octobre et la niche parlementaire du 8 devaient servir la crédibilité du RN, mais les accusations de Mediapart s’invitent dans l’agenda.
En bref
- Mediapart accuse Jordan Bardella de propos antisémites tenus entre 2013 et 2015.
- Le RN répond par la défense en bloc et dénonce un montage.
- Deux rendez-vous sont concernés : le contre-budget et la niche parlementaire.
- Une motion de censure déposée par la gauche est aussi au programme.
Pour le Rassemblement national, l’affaire Bardella tombe au pire moment : elle chevauche la présentation du contre-budget, prévue le mardi 6 octobre, puis la niche parlementaire du jeudi 8 octobre, deux séquences où Marine Le Pen voulait montrer son sérieux. C’est l’analyse que développe HuffPost France.
Des accusations, une défense en bloc
Mediapart a publié des révélations accusant le président du RN d’avoir tenu de violents propos antisémites entre 2013 et 2015. Jordan Bardella est notamment accusé d’avoir écrit que « les banques sont toutes détenues par des Juifs ».
Officiellement, le parti fait bloc. De nombreux cadres ont réitéré, tout au long du week-end, leur « soutien » et leur « amitié » à leur chef. Les axes de défense évoquent une « manipulation », un « montage » et des « faux grossiers ». Le caractère authentique ou falsifié des écrits oppose Mediapart au RN.
Le contre-budget du 6 octobre
Le RN doit présenter ce jour-là son contre-budget, auquel Jordan Bardella participera. Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais, comptait y afficher son sérieux avant la présidentielle, elle qui tente de convaincre les milieux économiques de sa crédibilité.

Ces derniers mois, elle a infléchi sa ligne économique pour séduire une part importante des décideurs économiques et patronaux. Or l’économie reste un point faible : lors du débat d’entre-deux-tours de 2017, elle avait peiné à défendre sa proposition de sortie de l’euro. Selon HuffPost, si le contre-budget passe au second plan, ce sera un échec pour elle.
La motion de censure et le précédent de 2024
La gauche a déposé une motion de censure. Selon HuffPost, tout semble indiquer que Marine Le Pen ne s’y joindra pas. Le journal rappelle qu’à l’automne 2024, le gouvernement de Michel Barnier avait été censuré avec les voix du RN, alors qu’elle préparait son procès pour détournement de fonds publics. Que la cheffe du groupe censure pour allumer un contrefeu reste une simple question posée, non démontrée.
La niche parlementaire du 8 octobre
Marine Le Pen et son groupe fixeront le jeudi 8 octobre l’ordre du jour. Au programme :
- l’accès à l’eau potable dans les Outre-mer ;
- un critère de priorité nationale dans la commande publique ;
- la révision de l’espace Schengen ;
- l’abrogation des ZFE.
Le RN propose aussi de faire entrer au Panthéon Olympe de Gouges, Charles-Michel de l’Épée et Zéna M’Déré.
HuffPost parie que des opposants, notamment à gauche, profiteront de l’occasion pour renvoyer Jordan Bardella à ses écrits, les députés usant souvent de leur temps de parole sur des sujets annexes.
Plusieurs questions restent ouvertes selon le journal : le patron du RN prendra-t-il publiquement la parole, et pourra-t-il maintenir une défense jusqu’au-boutiste ? Marine Le Pen, elle, a une campagne présidentielle à mener.
Photo : Werner Pfennig / Pexels



