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Un petit pays frappe fort : il devance le monde en supprimant les voitures thermiques malgré des moyens limités

Eva Laurent Par Eva Laurent
4 min de lecture
Un petit pays frappe fort : il devance le monde en supprimant les voitures thermiques malgré des moyens limités
Illustration de l'Éthiopie pionnière dans l'interdiction des voitures thermiques en 2024.

En bref

  • L’Éthiopie devient le premier pays à interdire les voitures thermiques dès 2024.
  • Plus de 115 000 conducteurs à Addis-Abeba adoptent les véhicules électriques pour économiser sur le carburant.
  • Le gouvernement éthiopien inaugure un méga barrage pour doubler sa capacité électrique.
  • L’Éthiopie vise 500 000 voitures électriques d’ici dix ans, malgré des infrastructures de recharge limitées.

L’Éthiopie, bien que souvent classée parmi les pays les moins favorisés économiquement, a pris une décision audacieuse qui pourrait bien redéfinir son avenir. En 2024, ce pays d’Afrique de l’Est a décidé d’interdire l’importation de voitures thermiques, une première mondiale. Cette initiative vise à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à renforcer la transition écologique. Avec 40 % de sa population vivant avec moins de 3 € par jour, ce choix semble ambitieux. Pourtant, il offre une opportunité unique de transformation économique et environnementale. Cette décision pourrait-elle inspirer d’autres nations à suivre cette voie audacieuse ?

Un tournant politique qui change la donne

La décision de l’Éthiopie d’interdire les véhicules thermiques marque un tournant significatif dans sa politique environnementale. En devenant le premier pays à prendre une telle mesure, l’Éthiopie espère alléger la pression économique liée aux importations d’hydrocarbures. En effet, ces importations représentent un coût élevé pour l’économie nationale. Seuls les véhicules hybrides échappent à cette interdiction, ce qui reflète une approche pragmatique face aux défis énergétiques.

Parallèlement, l’Éthiopie a lancé une initiative ambitieuse de reforestation. En plantant des milliards d’arbres, le pays espère capturer du carbone, réduire les émissions et améliorer l’environnement local. Cette démarche vise également à attirer les investissements étrangers dans le secteur automobile, en encourageant la production locale de véhicules électriques pour les rendre plus accessibles à la population.

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Un changement qui se ressent au quotidien

À Addis-Abeba, la capitale, l’impact de cette transition vers l’électrique est déjà visible. Plus de 115 000 conducteurs ont fait le choix des véhicules électriques. Parmi eux, Kemeriya Mehammed Abduraheman, une consultante de 36 ans, explique que cette décision a considérablement réduit ses dépenses en carburant. Le coût de l’essence devenait prohibitif, avec un plein coûtant environ 4 000 birrs (24 €), tandis que la recharge électrique ne coûte que 600 birrs (3,60 €).

Bien que le coût initial d’un véhicule électrique soit élevé, comme l’illustre l’achat de Kemeriya pour 29 300 €, les économies à long terme sont substantielles. Cette expérience personnelle témoigne des avantages économiques que représente la transition vers l’électrique, malgré les défis financiers initiaux.

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Les défis à relever et les infrastructures à mettre en place

Malgré les progrès, l’Éthiopie doit encore surmonter plusieurs obstacles pour réussir cette transition. Actuellement, Addis-Abeba dispose d’environ une centaine de bornes de recharge, un nombre insuffisant pour répondre à une demande croissante. Il en faudrait plus de 2 300 pour satisfaire pleinement les besoins des utilisateurs de véhicules électriques.

Pour pallier ces insuffisances, le gouvernement a récemment inauguré un méga barrage sur le Nil. Ce projet devrait presque doubler la capacité électrique du pays, facilitant ainsi la recharge des véhicules et soutenant le développement de l’électromobilité. Cependant, les coupures d’électricité fréquentes restent un problème majeur à résoudre.

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Des objectifs ambitieux et un pari réussi à l’international

L’Éthiopie affiche des objectifs ambitieux pour l’avenir. Actuellement, seulement 7 % des 1,6 million de véhicules en circulation sont électriques. Cependant, le pays vise à atteindre 500 000 voitures électriques dans les dix prochaines années. Pour mettre cela en perspective, en 2024, la part de marché des véhicules électriques en Afrique était de seulement 1 %.

Ce pari audacieux positionne l’Éthiopie en tant que pionnière du développement durable sur le continent. Alors que l’importation de voitures thermiques reste courante en Europe, l’Éthiopie se distingue par sa vision claire et son engagement à long terme pour un avenir plus vert.

L’Éthiopie a donc pris une voie audacieuse vers un avenir durable, malgré les défis économiques et infrastructurels. Ce mouvement vers l’électrique, unique en son genre, pourrait-il inspirer d’autres pays à suivre cet exemple en faveur de la planète ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Eva Laurent

L’actualité, remise en perspective

Eva Laurent

Eva Laurent a été secrétaire de rédaction dans un quotidien régional pendant une douzaine d'années avant de rejoindre Newsly. Elle y suit l'actualité générale, surtout l'international et l'économie, et relit une grande partie des articles publiés. Elle date chaque chiffre et renvoie vers la source d'origine. Elle apprend le portugais depuis deux ans.