Nappes phréatiques : deux points de mesure sur trois sous les normales en octobre
Le bulletin d’octobre du BRGM place deux points de mesure sur trois sous les normales, alors que la recharge devrait débuter. Seul le Sud-Est y échappe.
Le jeudi 8 octobre 2026, le service géologique national a publié son bulletin mensuel et qualifie de « très préoccupante » la situation des nappes phréatiques françaises. Le Bureau de recherches géologiques et minières, plus connu sous le sigle BRGM, rattache ce constat à un déficit de pluie, survenu après un été caniculaire.
En bref
- Le Bureau de recherches géologiques et minières, plus connu sous le sigle BRGM, rattache ce constat à un déficit de pluie, survenu après un été caniculaire.
- Les étés 2003 et 2022 sont ainsi dépassés.
- D’après le service VigiEau, cité par ici (France Bleu), la sécheresse persiste début octobre : 79 départements sont classés en « crise » et 14 en « alerte renforcée ».
Une vidange qui ne s’arrête pas
Le média franceinfo relaie ce bulletin, dont les observations sont arrêtées au 1er octobre. Voici le passage central du document :
« Avec 66% des points d’observation dont les niveaux sont en dessous des normales mensuelles , la situation des nappes reste très préoccupante. La vidange continue sur l’ensemble du territoire »
BRGM, Bureau de recherches géologiques et minières, service géologique national
En temps normal, la recharge s’amorce à cette époque de l’année : ce n’est pas le cas cette fois.
Concrètement, deux points de mesure sur trois se situent sous le niveau attendu pour le mois. Habituellement, les réserves commencent à se reconstituer à cette période de l’année. Or la baisse se poursuit sur tout le territoire.
Un été record et peu de pluie
La France vient de connaître l’été le plus chaud jamais enregistré, selon franceinfo. La moyenne des températures sur 24 heures s’est établie à 24 °C, soit 3,6 °C de plus que les normales de la période 1991-2020. Les étés 2003 et 2022 sont ainsi dépassés. Les pluies ont été peu nombreuses, d’où une sécheresse importante.

Le Sud-Est épargné, l’Est et le Centre très bas
Dans son bilan, le BRGM décrit un niveau dégradé presque partout. Le Sud-Est fait figure d’exception, avec par exemple les nappes de la Vistrenque, au sud du Gard, ou celles des sables astiens de Valras-Agde, dans le secteur de l’Hérault. Le tableau suivant récapitule les zones évoquées.
| Secteur | Situation |
|---|---|
| Sud-Est (Vistrenque, sables astiens de Valras-Agde) | Épargné par la dégradation |
| Socle Limousin, Morvan, Livradois, Forez, Vivarais | Niveau très bas |
| Craie de Champagne et formations calcaires jurassiennes | Niveaux très bas |
| Plaine nord d’Alsace, grès vosgiens et calcaires triasiques lorrains | Niveaux très bas |
| Bretagne | 94 % des nappes sous la normale, un déficit en eau présenté comme historique par franceinfo |
| Alsace | Certains secteurs encore en crise au 6 octobre ; la nappe commence lentement à se recharger, selon ici (France Bleu) |
Pourquoi la recharge compte autant
Une nappe se reconstitue quand l’eau de pluie s’infiltre dans le sol sans être aussitôt évaporée ni consommée par la végétation. Cette infiltration se produit surtout en automne et en hiver, lorsque les sols sont humides. Si les précipitations tardent, les réserves d’eau souterraine restent basses plus longtemps, ce qui pèse ensuite sur les rivières, sur l’agriculture et sur l’alimentation en eau potable. Le suivi mensuel du BRGM sert justement à repérer ce décalage et à mesurer son ampleur d’un secteur à l’autre.
Des restrictions et des robinets à sec
Les effets se font déjà sentir au quotidien. D’après le service VigiEau, cité par ici (France Bleu), la sécheresse persiste début octobre : 79 départements sont classés en « crise » et 14 en « alerte renforcée ».
Le ministère de la Transition écologique a indiqué que près de 94 000 personnes étaient privées d’eau du robinet en métropole à la fin de septembre, un nombre supérieur de 30 000 à celui relevé au début du mois.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : chiến bá. Licence Pexels.



