Crew-12 : la capsule Dragon de Sophie Adenot amerrit dans le Pacifique
Après un amerrissage secoué par la houle puis une escale à Houston, l’astronaute a retrouvé le tarmac de Cologne, où l’ESA encadre sa réadaptation.
Sophie Adenot a regagné la Terre le jeudi 8 octobre : sa capsule Dragon a amerri dans l’océan Pacifique, près des côtes californiennes, deux jours avant ses premiers mots publics à Cologne.
En bref
- Le voyage retour depuis la Station spatiale internationale a duré plus de 27 heures.
- Ils étaient tout sourire en sortant de la capsule », a assuré Bill Spetch, responsable de la Nasa, tandis que la commandante Jessica Meir déclarait : « Nous sommes très heureux d’être de retour ».
- Ce n’est qu’une première phase : retrouver sa forme d’avant le vol demandera de longs mois d’exercices ciblés.
Une descente à grande vitesse, puis 25 minutes de houle
Le voyage retour depuis la Station spatiale internationale a duré plus de 27 heures. Dans la capsule de SpaceX, la Française partageait l’habitacle avec deux Américains, Jessica Meir et Jack Hathaway, ainsi que le Russe Andreï Fediaïev. Selon 20 Minutes, le contact avec l’eau est survenu à 17h34, heure de Paris, et clôturait la mission baptisée Crew-12.
Les derniers instants donnent la mesure du freinage. À 33 km d’altitude, l’engin filait à plus de 7 000 km/h. Grâce à plusieurs parachutes, sa vitesse était tombée vers 30 km/h environ lorsqu’il a touché la surface. L’arrivée n’a pas été douce pour autant : l’astronaute a raconté que la capsule avait été secouée par de nombreuses vagues pendant 25 minutes, un moment qu’elle a jugé difficile.
Vers 18h30, elle est sortie de l’habitacle. Incapable de marcher, elle a été placée sur une chaise roulante. Des examens médicaux étaient prévus sur le navire de récupération, puis un hélicoptère et un avion devaient conduire l’équipage à Houston. « L’équipage va bien. Ils étaient tout sourire en sortant de la capsule », a assuré Bill Spetch, responsable de la Nasa, tandis que la commandante Jessica Meir déclarait : « Nous sommes très heureux d’être de retour ».
De Houston à Cologne, des premiers pas devant la foule
Au Texas, l’Agence spatiale européenne lui a accordé une période de repos plus longue avant l’étape finale vers l’Europe, rapporte franceinfo. « Je n’ai pas pu faire le vol transatlantique avant d’être stabilisée », a expliqué l’astronaute.
C’est sur le tarmac de l’aéroport de Cologne, en Allemagne, qu’elle s’est exprimée publiquement pour la première fois, le samedi 10 octobre. Elle était soutenue par les médecins de l’ESA David Kim et Bimba Hoyer. D’après ici (France Bleu), on avait prévu un fauteuil roulant par précaution, mais elle a choisi de marcher, sous les acclamations de des dizaines de personnes munies de drapeaux français.
« J’ai traversé tout le spectre des émotions humaines », a-t-elle résumé. En conférence de presse, elle a nuancé la joie du retour : elle parle d’un mélange d’émotions étonnantes, d’un bonheur d’être revenue sur Terre, mais aussi de nombreux défis, surtout physiologiques. Depuis une orbite à 400 km de la Terre, elle dit n’avoir vu ni divisions ni frontières.
« juste une précieuse planète que nous partageons tous »
Sophie Adenot, astronaute française de l’ESA
Trois semaines à Cologne, des mois pour le corps
L’absence de gravité transforme l’organisme : perte osseuse, fonte musculaire, déconditionnement cardio-vasculaire et troubles visuels. Pour y remédier, Sophie Adenot doit suivre à Cologne, dans le centre de formation des astronautes de l’ESA, un programme de réadaptation d’environ trois semaines. Ce n’est qu’une première phase : retrouver sa forme d’avant le vol demandera de longs mois d’exercices ciblés.
Ce que laisse la mission Epsilon
- À 44 ans, elle est la deuxième Française à avoir séjourné dans l’espace.
- Elle est la première Française à avoir réalisé des sorties extravéhiculaires, effectuées le 18 août, le 25 août et le 1er septembre.
- Elle devra présenter les résultats détaillés des expériences menées pendant sa mission.
- Dans son dernier message publié sur X, elle s’est engagée à faire profiter le public de cette expérience tout au long de la tournée qui suivra la mission, dont la phase orbitale s’achève.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Keegan Barber. Licence : Public domain.



