Primaire de la gauche pour 2027 : cinq candidats, leurs lignes et les règles du vote
Royal, Faure, Guedj, Maurel et Glucksmann se sont disputé l’investiture de la gauche sociale-démocrate lors d’une primaire en ligne ouverte le 9 octobre 2026.
En bref
- Cinq personnalités y ont concouru : Ségolène Royal, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Raphaël Glucksmann.
- Opposé au départ à cette primaire, il y a pourtant participé, porté par les sondages d’intentions de vote en vue de la présidentielle, qui en faisaient le favori.
- Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel, qui dirigent chacun leur parti, étaient dispensés de tout soutien interne au PS.
Pour choisir son candidat à l’élection présidentielle de 2027, la gauche sociale-démocrate a organisé une primaire en ligne à l’automne 2026. Cinq personnalités y ont concouru : Ségolène Royal, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Raphaël Glucksmann. Ce dossier revient sur leurs profils, sur les règles du scrutin et sur les deux prétendants qui n’ont pas pu y prendre part. Il s’appuie sur des articles parus autour de l’ouverture du vote, qui ne portent donc pas sur son issue.
Un vote en ligne ouvert à plus de 140 000 inscrits
Trois partis organisaient la consultation : le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Pouvaient voter leurs adhérents, ainsi que les personnes inscrites sur la plateforme en ligne, dont l’accès était payant. Le 6 octobre 2026, la commission d’organisation a fait état de plus de 140 000 inscrits, d’après le décryptage d’ici (France Bleu).
Le scrutin se tenait sur le site choisir2027.fr. Le premier tour a ouvert le vendredi 9 octobre 2026 à 8 h, alors que la plateforme était visée par une cyberattaque. La commission d’organisation a ensuite allongé le vote d’une journée : la clôture, d’abord fixée au samedi à 20 h, a été reportée au dimanche 11 octobre à 18 h, avec un résultat attendu aussitôt après. En cas de besoin, un second tour devait suivre, les 16 et 17 octobre. L’élection présidentielle elle-même se jouera le dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour et le dimanche 2 mai 2027 pour le second.
Le vote est intervenu au terme d’un mois de débats que franceinfo qualifie de souvent rugueux. Le dernier des trois débats télévisés, organisé le dimanche qui a précédé l’ouverture du scrutin, a réuni les cinq candidats pendant près de trois heures, selon l’article de franceinfo sur l’ouverture du vote.
Les dates clés de la primaire
- 30 août 2026 : Olivier Faure annonce sa candidature au journal de 20 h de TF1.
- 6 octobre 2026 : la commission annonce plus de 140 000 inscrits.
- 9 octobre 2026, 8 h : ouverture du premier tour, malgré la cyberattaque.
- 11 octobre 2026, 18 h : clôture prolongée du premier tour.
- 16 et 17 octobre 2026 : second tour éventuel.
Cinq profils, cinq lignes
Les candidats se sont surtout distingués par leur rapport à La France insoumise, avec laquelle certains refusaient de s’allier, et par quelques mesures phares. Âges et fonctions sont ceux qu’indiquaient ici (France Bleu) et franceinfo au moment du vote.
| Candidat | Âge | Fonction | Ligne et propositions |
|---|---|---|---|
| Olivier Faure | 58 ans | Premier secrétaire du PS depuis 2018 | Rassembler la gauche à l’Assemblée, petits-déjeuners gratuits à l’école, hausse du Smic |
| Raphaël Glucksmann | 46 ans | Eurodéputé, chef de Place publique | Pas d’alliance avec LFI, investissements et baisse de la dette |
| Jérôme Guedj | 54 ans | Député socialiste de l’Essonne | Opposé à LFI, compromis avec le centre |
| Emmanuel Maurel | 53 ans | Député de la GRS, groupe communiste | Démondialisation, « grand emprunt citoyen » |
| Ségolène Royal | 73 ans | Ancienne ministre, candidate en 2007 | Rapprochement de la gauche, « l’ordre juste » |
Olivier Faure, élu de Seine-et-Marne à l’Assemblée nationale depuis 2012, est à la tête du Parti socialiste depuis 2018 et briguait l’Élysée pour la première fois. D’après les portraits de candidats de franceinfo, il a présidé le groupe PS à l’Assemblée de 2016 à 2018 et a obtenu, avec les députés socialistes, que la réforme des retraites soit suspendue. Pendant la campagne, il a dit vouloir porter « une France plus juste », a contesté la stratégie de Raphaël Glucksmann et a plaidé pour réunir la gauche au sein de l’Assemblée.

Raphaël Glucksmann, ancien journaliste et essayiste, a fondé en 2018 Place publique, un parti de centre gauche, et a conduit une liste commune avec le PS aux européennes de 2019 comme à celles de 2024. Opposé au départ à cette primaire, il y a pourtant participé, porté par les sondages d’intentions de vote en vue de la présidentielle, qui en faisaient le favori. Franceinfo relevait qu’il n’avait pas dissipé tous les doutes pour autant. Il écarte toute alliance avec La France insoumise et se démarque de la ligne de Jean-Luc Mélenchon. Sur les retraites, il juge qu’il faudra, pour certains, allonger la durée de travail afin d’équilibrer le régime. Sans chiffrage précis, il veut investir fortement dans la défense, l’école, la transition écologique et la réindustrialisation, tout en réduisant la dette et les déficits.
Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne, était candidat depuis février 2026 et a choisi la voie de la primaire. Il a débuté, dans les années 1990, comme assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon, et a longtemps été rangé à l’aile gauche du PS. Après les attentats commis en Israël le 7 octobre 2023, il a pris ses distances avec le chef de file insoumis : ici (France Bleu) le présente désormais comme le plus hostile envers Jean-Luc Mélenchon. Il refuse fermement tout accord avec La France insoumise et prône désormais un « compromis » avec le centre, voire avec une partie de la droite.
Emmanuel Maurel a siégé dix ans au Parlement européen avant de devenir, en 2024, député du Val-d’Oise. Il a fondé la Gauche républicaine et socialiste (GRS) et avait quitté le PS depuis sept ans au moment de la primaire, selon franceinfo, et siège à l’Assemblée avec le groupe communiste. Présenté par ici (France Bleu) comme l’invité surprise du scrutin, il défendait, à l’image d’Olivier Faure et de Ségolène Royal, un rapprochement des forces de gauche. Il a fait campagne sur la démondialisation et sur un « grand emprunt citoyen » censé remettre le pays sur pied.
Ségolène Royal, ancienne ministre, avait porté les couleurs socialistes à la présidentielle de 2007. Elle plaidait elle aussi pour rapprocher les différentes composantes de la gauche, tout en fixant des bornes : selon ici (France Bleu), elle tenait pour infranchissables le racisme et l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie, ainsi que l’extrême droite, qu’elle disait aux portes du pouvoir. Comme en 2007, elle a remis en avant « l’ordre juste ».
Deux candidatures restées à la porte
Sept personnalités avaient voulu se présenter, mais seules cinq ont rempli les conditions, d’après la liste communiquée par la commission. Philippe Brun, député socialiste de l’Eure, a été écarté de la course et suspendu du PS à titre conservatoire. Le président de la commission chargée du scrutin a justifié cette mise à l’écart par des « accusations de violences ». L’élu a contesté cette décision sur ses réseaux sociaux : il disait ignorer ce qui lui était reproché, n’avoir été entendu par aucune commission du parti, et dénonçait une mise à l’écart fondée sur un signalement envoyé la veille au soir, alors qu’il avait réuni tous ses parrainages.
L’ancien maire de Châteaudun, en Eure-et-Loir, Fabien Verdier, s’était lui aussi déclaré, mais il n’a pas recueilli les parrainages requis.
Les parrainages demandés aux candidats
Pour concourir, chaque prétendant devait obtenir l’un des soutiens suivants, selon ici (France Bleu) :
- quinze membres du Conseil national ;
- dix parlementaires ;
- cinquante élus départementaux ou régionaux, venant de huit départements au minimum et de trois régions ;
- 50 maires, venant de trois régions différentes.
Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel, qui dirigent chacun leur parti, étaient dispensés de tout soutien interne au PS.
Photo à la une. Source : Pixabay. Photographe : planet_fox. Licence : Pixabay Content License.



