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Italie : le programme de principe du futur gouvernement

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Le nord de l'Italie, bastion historique de la Ligue (ex-Ligue du Nord), meilleur score de la coalition de droite. Source : Pxhere

On s’en souvient, début mars 2018, les dernières élections italiennes ont marqué le triomphe absolu des forces politiques anti-système. Mais ce sont deux mouvements bien distincts qui ont remporté les élections : le Movimento 5 Stelle et la Ligue (ainsi que ses alliés). Après de longs pourparlers et la difficulté à former un gouvernement, les vainqueurs des élections ont enfin réalisé un programme de principe commun. Y ressortent leurs points communs, qu’il est d’usage de considérer comme eurosceptiques et populistes.

Un « contrat de gouvernement pour le changement »

C’est son nom officiel. Ce document, 58 p., est le fruit de longues négociations entre deux courants politiques alternatifs assez différents. Les chefs de la Ligue et du M5S l’ont accrédité : Matteo Salvini d’un côté, Luigi di Maio de l’autre. Les militants des deux partis ont ensuite été consultés les 19 et 20 mai 2018 : ils ont donné leur accord avec 90 % de leurs suffrages – un véritable plébiscite. Si le programme en question inquiète Bruxelles, un récent sondage du 19 mai dernier montre que près des deux tiers des Italiens souhaiteraient sa mise en œuvre :

Le « contrat de gouvernement pour le changement » s’articule en trente chapitres thématiques. On y retrouve les principales propositions des partis en présence, moins la possible suppression de l’euro ou l’annulation de la dette publique de l’Italie, éléments qui n’y figurent pas.

L’essentiel du programme

Ce programme de principe adopté par les deux partenaires de gouvernement évoque des mesures disparates. Il annonce une réforme du système des pensions de retraite, avec l’établissement d’une pension minimale de 780 € et un calcul plus juste des cotisations par rapport aux annuités cotisées et à l’âge. L’impôt sur le revenu va être globalement abaissé, avec deux tranches à 20 et 15 %. À partir de 2020, le revenu citoyen du M5S devrait voir le jour pour les personnes âgées démunies ainsi que les chômeurs : 780 € mensuels. La politique familiale sera améliorée, avec une exonération de TVA des produits néonataux et de meilleures prestations maternité. Un reportage reprend cette actualité :

Côté immigration, chaque région recevra un nouveau centre devant présider aux expulsions de clandestins. La fermeture des mosquées non déclarées (ou avec des prédications dans une langue autre que l’italien) et des camps de Roms non réglementaires sera systématique. La légitime défense va être renforcée, de même que les peines pénales pour les viols et les vols. La corruption dans la fonction publique devrait être pourfendue.

Une souveraineté diplomatique est affirmée, avec un certain recul vis-à-vis de la Commission européenne. Le nombre des parlementaires italiens sera réduit (350 en moins environ). Ces derniers n’auront plus la possibilité de changer de parti politique en cours de mandat. Les individus condamnés ou appartenant à la franc-maçonnerie n’auront plus le droit de faire partie du gouvernement.

Les mouvements politiques qui ont trouvé cet accord disposent ainsi d’une majorité absolue au Parlement, et même de la majorité des deux tiers. Reste à savoir si cette alliance de principe et de circonstance tiendra.

Source :

Les Échos