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La Pologne élimine les souvenirs de l’URSS

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Mateusz Morawiecki, Premier ministre de la Pologne. Crédits photo : Bank BZ WBK, 15 avril 2010, Wikimedia Commons

En Russie, la politique menée depuis Eltsine est grosso-modo d’assumer toute l’histoire russe. Poutine continue sur cette voie. Tout en renouant avec la période antérieure à la révolution d’Octobre, il laisse en place des monuments de l’URSS. La Pologne a quant à elle choisi une tout autre méthode contre des vestiges considérés comme ayant été imposés de l’étranger.

Une loi datant de 2016

C’est le parti conservateur de droite nationale PiS qui assume pleinement cette politique. Ce mouvement pourrait voir son nom traduit en français de la sorte : « Droit et Justice ». Une loi a été élaborée il y a deux ans pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui. En effet, le 1er avril 2016 était expliquée la philosophie de la mesure. Le gouvernement polonais reconnaissait à l’Armée rouge la vertu d’avoir vaincu les nazis, mais il lui reprochait d’avoir instauré un autre régime totalitaire pas plus enviable. C’est tout cela que le parti au pouvoir souhaite balayer d’un revers de main :

Il faut rappeler que la Pologne a longtemps été malmenée aussi bien par la Prusse que par la Russie, conservant une certaine inimitié à l’égard de ces époques d’occupation. En outre, le refoulement de l’armée allemande et l’avancée des troupes soviétiques ont correspondu à d’importantes vagues de viols. Aujourd’hui, Varsovie est diplomatiquement très en froid vis-à-vis de Moscou. Ce froid avait été accru en 2013 avec la mort obscure du président polonais Lech Kaczynski dans un avion en partance pour la Fédération.

Un mouvement à peu près achevé

Cette loi mémorielle de 2016 a pris le nom de « loi de décommunisation ». C’est Arkadiusz Rodek qui l’a rappelé, en tant que porte-parole de la municipalité de Legnica. Dans les faits, les communes polonaises avaient jusqu’à la fin du mois de mars 2018 pour faire retirer les monuments communistes, aux frais de l’État. Au-delà de ce délai, elles recevraient une injonction de le faire sur leurs propres deniers. Un monument à la gloire de militaires de l’Armée rouge, en bronze et faisant deux tonnes et demie, a été retiré parmi les derniers, à Legnica. Il s’agissait du « petit Moscou » polonais, en fait la principale base militaire soviétique sur ce territoire. France 24 parlait également de cette opération de décommunisation :

L’œuvre de la décommunisation a été confiée à l’IPN – ou Institut national de la mémoire. L’historien polonais Maciej Korkuc a dès lors catalogué près de trois cents monuments de propagande stalinienne et soviétique à démanteler. Si le mouvement a dans l’ensemble été bien suivi, certaines communes l’ont esquivé en faisant don d’objets ou monuments à des musées privées.

Il faut rappeler que dès 1989 de nombreuses statues avaient été retirées par les Polonais de nouveau libres, représentant la plupart du temps Dzerjinski ou Lénine. Ce désir de purge reprend aujourd’hui et va s’étendre à des noms de lieu, de rue ou d’organisme hérités de l’ère communiste. Le Kremlin a fait savoir sa désapprobation, de même qu’une partie de l’opposition en Pologne.

Source :

Challenges