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Tour d’horizon des expulsions de diplomates russes !

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Vladimir Poutine a voulu passer pour l'homme fort dont les Russes ont besoin. Source : en.kremlin.ru

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces derniers temps l’actualité géopolitique ressemble à des films James Bond… Ce n’est d’ailleurs pas très rassurant, certains leaders politiques ayant précisé qu’il fallait quand même prendre des pincettes avec l’une des plus grandes puissances nucléaires mondiales ! Quoi qu’il en soit, depuis la médiatisation de l’affaire Skripal qui occupe cependant de moins en moins de place dans les médias, un fossé déjà large continue de se creuser entre la Russie et l’Occident. De nombreux États de ce dernier, souvent en lien avec l’OTAN et l’UE, ont décidé les uns après les autres d’expulser des diplomates russes. Les motifs avérés peuvent toutefois surprendre, étant donné que ne sont toujours évoqués que des soupçons : la présomption d’innocence est prise à rebours.

Probable, plausible, possible…

En annonçant l’expulsion de diplomates russes, ce qui est en géopolitique une mesure de répression forte, les gouvernements concernés ont chacun donné leurs raisons. À chaque fois, ne souhaitant pas aller trop vite en besogne, il n’est pas fait mention de faits objectifs, mais de suspicions et de probabilités. Cette unanimité à prendre de vagues pincettes malgré des expulsions offensantes pour la Russie a de quoi étonner ! France 24 revenait sur cette expulsion de près de 150 diplomates au total :

Ainsi, le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré : « Il est hautement probable que la Russie soit responsable de l’affaire de Salisbury et il n’existe aucune autre explication plausible ». Ce dernier point s’oppose diamétralement à l’avis de plusieurs spécialistes, y compris anglais. Il convient de rappeler que, parmi les dix-huit nations européennes ayant expulsé des diplomates russes, quinze appartiennent nommément à l’Union européenne.

Le même discours partout ?

En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian estime qu’il n’y avait pas « d’autre explication plausible que celle de la responsabilité de la Fédération de Russie », ce qui est un décalque du propos précédent. Theresa May elle-même, le Premier ministre du Royaume-Uni, a eu des déclarations légèrement moins tranchées qu’au tout début : « Aucun pays autre que la Russie n’a à la fois la capacité, la détermination et la motivation. Il n’y a aucune explication alternative plausible ». La légèreté des arguments est stupéfiante ! Mais le ton ne cesse de monter :

En Allemagne, le ministre Heiko Maas va peut-être plus vite en besogne en affirmant que les « faits et les preuves laissent penser que la Russie est derrière cette attaque ». D’autres traducteurs préfèrent « suggèrent », ce qui reste étonnant dans la mesure où des « faits » et « preuves » solides devraient en réalité démontrer. Mais les conclusions de l’enquête sont toujours attendues… Le gouvernement italien de Gentiloni a été de son côté particulièrement franc : « Nous n’avons pu faire autrement. […] Nous avons besoin des USA et de nos partenaires en Méditerranée » !

Mais la Russie peut compter sur quelques alliés en Occident, dont certains sont inattendus. C’est notamment le cas, au moins à l’heure où nous écrivons, de l’Autriche. D’ailleurs, l’Italie pourrait elle aussi nous réserver – en fin de compte – une surprise. S’il est tout à fait possible que l’État russe soit coupable des empoisonnements, la rapidité des sanctions occidentales avant la fin de l’enquête et sans la publication de charges avérées paraît étonnante. Espérons que cela ne cause pas un incident diplomatique majeur !