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L’Australie promet de recueillir les fermiers sud-africains expropriés

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Drapeau de l'Afrique du Sud. Source : Frederick Brownell, Wikimedia Commons

La réforme agraire occupe depuis quelque temps tous les esprits en Afrique du Sud. Elle fait également jaser à l’étranger. En effet, le 27 février 2018, les députés sud-africains ont voté une loi devant, après une modification de la Constitution, exproprier sans compensation les Blancs de toutes les terres agricoles du pays, en vue de redistribuer ces dernières en faveur d’une population majoritairement noire…

Les cartes de la réforme agraire

Le parti politique majoritaire en Afrique du Sud est l’ANC – ou « Congrès national africain » en français. Sa figure emblématique était Nelson Mandela. Depuis son arrivée au pouvoir, il n’a cessé d’évoquer une redistribution des terres afin de corriger les injustices de la colonisation et de l’apartheid subséquent. Une vidéo d’Africanews en présente les principaux enjeux :

De fait, actuellement, en amont de l’application de la législation adoptée le 27 février dernier, les exploitations agricoles sont réparties de façon très inégalitaire. Les Blancs, qui représentent 8 % de la population seulement, détiennent 72 % des fermes sud-africaines. À l’inverse, les Noirs n’en ont que 4 % alors qu’ils constituent 81 % du peuplement de l’Afrique du Sud. Les Métis sont à peine mieux lotis, avec 15 % des terres. Le restant est possédé par des Indiens et d’autres groupes ethniques. Cependant, en vue de la confiscation du foncier des Blancs sans contrepartie, la Constitution sud-africaine doit être modifiée. De même, les modalités exactes des redistributions ultérieures restent à préciser, la nationalisation des exploitations étant d’ailleurs proposée par la gauche radicale locale.

Une loi qui ne plaît pas à tout le monde

La réforme agraire, telle qu’elle se profile, n’est pas sans dangers. On ne sait si elle adoptera un profil radical ou plus modéré. Quoi qu’il en soit, le gouvernement sud-africain souhaite assurer la sécurité alimentaire de la nation et donc conserver une bonne exploitation des terres agricoles. En outre, il ne faudrait pas que les Blancs ayant des capitaux quittent massivement l’Afrique du Sud, une telle émigration pouvant s’avérer catastrophique pour l’économie de ce pays. De même, il ne faudrait pas se fâcher avec certains partenaires commerciaux et diplomatiques. Sans surprise, de son côté, la population blanche ne peut qu’être très inquiète face à tant d’incertitudes :

Or, dans ce contexte explosif, le gouvernement australien vient de proposer des visas humanitaires aux fermiers sud-africains blancs qui seraient expropriés par leur État. L’annonce a été faite par le ministre de l’Intérieur de l’Australie, Peter Dutton. Ce dernier est allé jusqu’à évoquer des « persécutions ». D’autres nations pourraient adopter la même position.

Les autorités sud-africaines n’ont pas tardé à réagir. Elles ont en effet convoqué à Pretoria les diplomates australiens présents en Afrique du Sud. Le ministre des Affaires étrangères de ce dernier État a formellement demandé au gouvernement de l’Australie de retirer sa proposition. Cette riposte pourrait contribuer à envenimer l’affaire. Une affaire à suivre…