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Le Front national change de nom

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Marine Le Pen au Parlement européen de Strasbourg le 1er juillet 2014. Crédits photo : Claude Truong-Ngoc, Wikimedia Commons

Le FN ou Front national, parti politique d’extrême droite fondé par Jean-Marie Le Pen, a été un acteur important de la vie politique française de ces dernières décennies. Hier, dimanche 11 mars 2018, il a changé de nom lors d’un congrès national à Lille dont l’objectif était de relancer ce mouvement politique pour les années à venir.

Un nouveau nom, mais la même présidente

Le nom du Front national ne change que peu. Le FN devient le RN, car il faudra désormais parler du « Rassemblement national ». Paradoxalement, si les dirigeants du parti souhaitaient enterrer son histoire, cette expression avait déjà été utilisée par Jean-Marie Le Pen sur des affiches de campagne lors des élections législatives de 1986… Quoi qu’il en soit, le logo du Rassemblement national reprend la flamme du FN en y adjoignant une croix de Lorraine. L’ensemble est bleu, blanc, rouge. L’accent est mis sur « l’ouverture » et « le rassemblement » pour séduire la droite de gouvernement :

Le XVIe congrès du principal parti de l’extrême droite française a en outre vu la réélection à sa présidence de Marine Le Pen. Malgré 2,87 % de bulletins nuls ou blancs, celle-ci a obtenu 100 % des suffrages exprimés, étant l’unique candidate. Le nombre de votants est malheureusement inconnu. Les nouveaux statuts du RN ont quant à eux été adoptés par 79,77 % des inscrits. La fonction de président d’honneur a été supprimée dans ce document, ce qui ne peut que relancer les différends entre Jean-Marie Le Pen et sa fille.

Une route différente ?

Marine Le Pen reste donc présidente du RN. Elle sera entourée d’un bureau exécutif de neuf personnes (Steeve Briois sera l’unique vice-président du parti), puis d’un Conseil national comptant 120 membres (100 élus sur 409 candidats et 20 nommés par la présidence), numérotés selon le nombre de voix obtenues. À titre d’exemple, Bruno Gollnish siégera en 5e position. Celui-ci représente pour beaucoup l’ancien FN, et il se dit en contact régulier avec « le Menhir ». Il regrette d’ailleurs le changement de nom de son parti, tout en y saluant un « moindre mal ».

Après le congrès du Front national, plusieurs personnalités des Républicains ou de droite appellent de leurs vœux une alliance entre LR et RN. Il s’agit notamment d’Ivan Rioufol, éditorialiste du Figaro, et de Thierry Mariani, membre du parti Les Républicains. Parmi les surprises du congrès, il y a eu l’intervention d’une demi-heure de Steve Bannon, l’ex-conseiller de Donald Trump et l’artisan de sa victoire. Celui-ci s’est exprimé en anglais.

Les consultations des adhérents ont fait valoir une opposition persistante à la loi Taubira, à la PMA étendue et à la GPA. Leurs avis sont en revanche partagés sur la question de l’euthanasie. Ils souhaitent, enfin, des politiques natalistes et pro-famille. Dans les faits, les mois qui viennent devraient nous en apprendre davantage sur la route que souhaite emprunter ce Rassemblement national. Simple changement d’apparence ou transformation de fond ? L’avenir nous le dira…