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Une journaliste de FR3 interdite de suivre Édouard Philippe !

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Logo de France 3 Hauts-de-France. Crédits : France Télévision, via Wikimedia Commons

Une journaliste de France 3 Hauts-de-France devait couvrir la récente visite d’Édouard Philippe au sein d’un important site de L’Oréal. Petit problème : Matignon et la multinationale n’ont autorisé son équipe qu’à filmer. La journaliste n’a pas été habilitée à suivre ce qui devait se passer à l’intérieur des locaux, en dépit de sa carte de presse.

Une version prédéfinie

Le vendredi 16 février, Édouard Philippe a visité avec son ministre de l’Économie Bruno Le Maire l’usine de L’Oréal à Lassigny. C’est un site de l’Oise comportant plus de 45 000 m² de locaux professionnels. Dans un premier temps, une version très neutre des faits a été relayée par les médias. Et elle aurait été acceptée telle quelle sans le coup de gueule d’une journaliste de FR3 Hauts-de-France qui fait honneur à son média. Précisons que celle-ci n’a rien à voir avec RT. Twitter et les réseaux sociaux ont facilité la médiatisation de ce refoulement :

Les procédés incriminés

La journaliste de France 3 refoulée à l’entrée de l’usine de Lassigny a dénoncé le verrouillage opéré par Matignon et L’Oréal. Elle évoque une entrave au journalisme, cette visite ayant été orchestrée dans un but de pure communication. L’impossibilité de couvrir médiatiquement et objectivement la réalité d’un déplacement ministériel peut sembler inquiétante pour la liberté de la presse dans l’Hexagone. À l’heure où une loi devant lutter contre les canaux de diffusion des fake news est en préparation, certains s’inquiètent de sa possible mauvaise utilisation. En ce qui concerne les faits de vendredi dernier, voici la vidéo réalisée ad hoc par la journaliste interdite d’entrée :

Amère, celle-ci adopte un ton humoristique ou ironique particulièrement incisif. Elle se moque de la façon dont l’opération a été menée, évoquant le « joli livret sur papier glacé, avec plein de photos de rouges à lèvres et de shampoings à l’intérieur » qui lui a été donné pour servir de support à son reportage de terrain ! Il faut savoir que des syndicats dénoncent un stress croissant au sein de l’usine de Lassigny en raison de sa robotisation. Il semblerait donc que le groupe ait été très heureux de ne pas permettre un contact entre la journaliste et les employés.

Source :

Sud-Ouest