Accueil Le saviez-vous? Paranormal investigation de Franck Phélizon : la révélation

Paranormal investigation de Franck Phélizon : la révélation

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Source : https://vimeo.com/324229729

Interview de l’équipe de “Paranormal investigation”, un des plus gros succès sur Netflix du moment.

Fabien Levy-Strauss : compositeur et monteur de Paranormal investigation. A co-signé en 2010 la BO du film « Les amours secrètes » et signé la BO de Kickback en 2015 de Franck Phélizon. Il enregistre actuellement un album de six titres pour piano qui sortira le 15 juin.
Andrei Indreies : acteur roumain établi en France, ancien joueur de foot et repéré par Franck Phelizon alors qu’il était chauffeur VTC.
Jean-Baptiste Heuet: comédien et chanteur, qui s’est formé à l’école Claude Mathieu.
Martin Pinsonnault : directeur et concepteur sonore au cinéma pour Sonomar inc. Il a collaboré sur une soixantaine de films, notamment “C.R.A.Z.Y” et “Dallas Buyers Club”.

Paranormal investigation apparaît comme un des plus gros succès sur Netflix, comment expliquez-vous cet engouement ?

Andrei Indreies : Le réalisateur joue avec les fantasmes des spectateurs. Ce film réveille des peurs archaïques. La caméra embarquée met le spectateur dans la position de l’enquêteur. Il se retrouve donc, malgré lui, protagoniste.

Jean-Baptiste Heuet : Beaucoup de phénomènes échappent à notre compréhension. C’est important de comprendre les choses, même de façon irrationnelle. Les films de fantômes posent des questions universelles, sur l’au-delà.

Fabien Levy-Strauss : On aime avoir peur et se faire peur. Suivre cet investigateur, caméra au poing, crée une vraie proximité avec le spectateur et le rend témoin immédiat de l’angoisse, de l’inexplicable et du danger. Ce côté docu-fiction sème le doute : est-ce que l’histoire que l’on raconte est vraie, ou non ?

Martin Pinsonnault : Le spectateur se demande par exemple si la possession est vraie, ou si c’est juste un cas de maladie mentale. Il est dans un état de fébrilité puisqu’il recherche l’invisible. Il cherche la faille qui le sortirait du récit. Le film réussit à faire croire que ce n’est pas un film, qu’il a été fabriqué à partir de sources visuelles et sonores authentiques.

 

Pourquoi y a t-il un tel engouement selon vous pour le found footage ?

Martin Pinsonnault : En partant du principe qu’on utilise des sources authentiques, on a le sentiment d’être devant un documentaire. Cela ajoute de la crédibilité, et on ne remet pas en doute la véracité de la captation. Ce n’est pas par des effets spéciaux qu’on parvient à susciter la peur, mais plutôt en faisant vivre la situation par l’œil et les oreilles de ceux qui vivent la situation dans le récit. C’est beaucoup plus fort.

Andrei Indreies : Le caractère réaliste et volontairement “amateur” fait que nous nous sentons très proches de l’histoire, un peu comme si le spectateur filmait lui-même ces événements. Surtout quand on sait que l’histoire de Paranormal investigation est inspirée de faits réels ! D’ailleurs, le réalisateur a choisi de donner à mon personnage mon prénom, sans doute par rapport à des choses que j’ai vécues et que j’ai pu lui raconter…

 

Andrei, la rencontre avec Franck Phelizon semble déterminante dans votre parcours…
Andrei Indreies :
Je suis rentré dans le cinéma grâce à un coup de téléphone. Quand j’ai connu Franck Phelizon, j’étais chauffeur VTC. Un jour, il m’a proposé de participer à un stage d’acteur. Et puis Franck a décidé de réaliser Paranormal investigation. Ca a été une des plus belles expériences de ma vie.

 

Jean-Baptiste, votre performance est bluffante. Comment vous êtes-vous préparé pour créer le personnage de Dylan ? 

Franck m’a beaucoup guidé dans le travail. J’ai essayé de laisser mon imagination faire le reste. A la lecture du scénario je voyais des fils invisibles tirer le personnage de Dylan. Un peu comme un pantin. Derrière Dylan, j’imaginais une silhouette cachée dans l’ombre. Je suis parti de cette image.

 

Fabien, quelles ont été vos sources d’inspiration pour la musique du film ?

Fabien Levy-Strauss : John Carpenter, Christopher Young ou encore Joseph Bishara. Lorsque j’ai composé la musique, j’avais le montage en tête mais l’idée était avant tout de créer une identité sonore. Il faut accompagner le spectateur dans le récit en installant une atmosphère angoissante.

 

Martin, y a-t-il des techniques particulières pour faire un montage son qui suscite l’épouvante ?

Martin Pinsonnault : Il faut tout faire pour susciter un sentiment d’inconfort, jouer des silences et des temps morts pour créer le manque dans l’esprit du spectateur. Ce dernier se met à entendre des choses qu’il n’entendrait pas s’il y avait du bruit. Créer une atmosphère étouffante, dans laquelle le spectateur vit une expérience immersive. Maintenir en permanence une part d’incompréhension, d’insaisissable. Mettre en place une multitude de dispositifs qui participent au  tour de magie qu’est le cinéma.

 

Paranormal investigation semble être un épisode. Pourrait-il y avoir une série à partir du film ?

Martin Pinsonnault : Le concept est pensé comme une série d’enquêtes paranormales. L’enquêteur poursuit une quête, quelle est-elle ? Que cherche-t-il à travers ces enquêtes ? Plusieurs questions demeurent sans réponse, jusqu’à la toute fin. Le spectateur est pris au piège. Il est accro.

Fabien Levy-Strauss : Nous écrivons actuellement une série inspirée du film, avec Franck Phelizon.

 

Croyez-vous aux fantômes ?

Martin Pinsonnault : Non, mais j’aime faire croire que oui.

Jean-Baptiste Heuet : Ca rassure d’imaginer qu’il y a quelque chose, des esprits, plutôt que rien. On se sent moins seul.

Andrei : Pas forcément aux fantômes, mais il y a des phénomènes inexplicables qui me posent question. Et qui me dépassent.

Fabien Levy-Strauss : Ayant vécu quelques expériences troublantes, j’ai tendance à croire que les fantômes existent. Lorsqu’on travaille sur ce genre de film, je pense qu’il est bon de rester ouvert d’esprit…

L’équipe du film honorée Cannes 2018