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C’est en 1911 que la France aurait connu la pire canicule de l’époque contemporaine

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Alerte canicule Météo-France du 19 août 2012. Crédits photo : Gyrostat, Wikimedia Commons

L’hiver dernier, une grande vague de froid imposait des températures négatives et glaciales à l’ensemble de l’Hexagone. Cet épisode parmi d’autres explique le changement de paradigme de ces dernières années : on parle volontiers de « changement climatique » ou de « dérèglement climatique ». Mais l’expression de « réchauffement climatique », très en vogue à l’orée de notre nouveau millénaire, est réapparue il y a peu. Et pour cause : c’est l’été, et il a fait chaud pendant plusieurs jours. Pourtant, ce serait en 1911 que la France aurait connu la plus forte canicule – ou du moins la plus meurtrière – de son histoire contemporaine. L’industrie était balbutiante, les gaz dits à effet de serre émis dans des proportions infinitésimales par rapport à aujourd’hui, la locomotion principalement chevaline ou ferroviaire, et les villes bien moins peuplées et bétonnées. C’est le document que nous offre la BNF via Retro News en s’appuyant sur des coupures de presse de l’époque.

Vous avez dit « canicule » ?

Il est indéniable que les fortes chaleurs sont difficiles à supporter, même si on les préfère communément aux grands froids. Sous nos latitudes, elles s’accompagnent souvent d’une sécheresse plus ou moins marquée. Mais l’impact psychologique ne doit pas être minimisé : si on avait moins parlé de « canicule » ces derniers temps, beaucoup n’auraient pas pensé à se plaindre autant. Les records de température battus (ou presque) à Moscou, Tokyo ou Lisbonne ne doivent pas cacher la permanence d’un été globalement particulièrement frais et humide dans certaines régions, à l’instar du sud-ouest de la France.

Quoi qu’il en soit, une vidéo vous donnera de précieux conseils pour mieux supporter les vagues de chaleur :

Il faut aussi préciser que la vie en pleine ville rend ces jours bien plus difficiles à vivre, étant donné que la température ne redescend que relativement peu la nuit, ce qui ne se vérifie pas du tout à la campagne. Pareillement, les bonnes habitudes d’antan contre le soleil se sont parfois perdues, tandis que les habitats ont été largement transformés : moins de végétation, haies coupées ou détruites, etc. C’est donc en toute logique que l’on parle de « re-végétaliser » les villes pour profiter de la fraîcheur naturellement induite par le phénomène de l’évapotranspiration.

1911, un été à marquer d’une pierre blanche

Saviez-vous qu’en 1816 il n’y avait pas eu d’été et qu’il avait fallu attendre presque partout la mi-octobre pour vendanger ? La cause en était une terrible éruption volcanique en Indonésie, dont les cendres et fumées avaient durablement assombri l’atmosphère de l’hémisphère nord, empêchant les rayons solaires de passer. Plus qu’un effet de serre, c’est au contraire une réverbération de ce type que pourraient entraîner les gaz souvent pointés du doigt.

Aujourd’hui, selon les critères officiellement retenus, c’est presque chaque année que plusieurs départements sont dits en canicule :

En 1911, c’est l’exact inverse par rapport à 1816 : un été caniculaire, incroyablement chaud et sec. On parle de 40 000 morts en France, notamment chez les plus petits (29 000 nourrissons et enfants). Malgré ce chiffre, certains se félicitent des bienfaits pour l’agriculture, notamment viticole (le printemps avait été pluvieux). Une information assez peu divulguée à l’époque où le gouvernement désirait ouvertement œuvrer contre la mortalité infantile.

Jusqu’à la mi-septembre, ce furent soixante-dix jours de sécheresse et de grande chaleur. Pas la moindre précipitation entre le 2 et le 23 juillet. À cette date, 202 mm sur l’année 1911 au lieu des 303 de moyenne ! La nuit à Paris, il n’était pas rare de voir des habitants descendre dans la rue pour dormir. Les pics atteints n’avaient cependant rien d’exceptionnel : 39 °C à Paris, comme en 1900 pendant l’Exposition universelle, un chiffre régulièrement atteint. C’est la durée qui fait toute la différence. Au mois d’août 1911, les températures parisiennes sont restées supérieures à 30 °C la journée pendant deux semaines consécutives. Le 9 septembre 1911, on retrouve encore 35,6 °C à Paris…

Source :

Retro News