Plusieurs centaines de réfugiés sont venus en Autriche ou en Allemagne grâce à des automobilistes

En début de soirée du 14 septembre, une cinquantaine de voitures roulaient sur les autoroutes autrichiennes en direction de la Hongrie. Alors qu’ils approchèrent de la frontière, près de la ville de Mönchhof, les automobilistes virent des marcheurs, illuminés sous une pluie battante par les phares des voitures, remonter l’autoroute. C’est alors que les automobilistes s’arrêtèrent et ouvrirent les portes de leurs véhicules pour accueillir ce qui s’avérait être des réfugiés.

C’était des conducteurs venus de Prague, de Vienne et le Leipzig, afin de conduire des réfugiés vers leur destination: l’Europe du Nord et l’Allemagne. Ce n’est là qu’une des nombreuses initiatives menées depuis le début du mois depuis l’Autriche et l’Allemagne, consistant à se rendre en Hongrie où sont bloqués des réfugiés arrivant de Syrie ou d’Afghanistan.

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Une situation qui se complique de jour en jour, au regard du nombre de réfugiés, mais aussi des initiatives prises par différents gouvernements européens récemment.

Une initiative personnelle pour aider les réfugiés

C’est suite à une rumeur de blocage des bus destinés à la frontière austro-hongroise que Angelika Hofir, une autrichienne de 54 ans, a décidé d’agir en lançant une campagne sur Facebook la semaine dernière pour appeler à chercher des migrants en voiture. “Je ne comprends pas pourquoi nous n’ouvrons pas les musées, les églises et les hôtels aux réfugiés” confie-t-elle à Quartz .

Alors qu’elle s’est rendue à Budapest le 6 septembre, elle trouva un groupe de cinq syriens, deux hommes et une femme avec ses deux enfants à la gare Keleti de Budapest, symbole de la crise migratoire que vit l’Europe. Elle leur proposa de les conduire à Vienne, ce qu’ils acceptèrent dans un premier temps avant de refuser, de crainte d’être séparés des autres membres d’un groupe de réfugiés comptant une dizaine de personnes.

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Elle proposa alors à un autre groupe, des syriens venus de la ville tristement connue de Homs, de les emmener en Autriche, ce qu’ils acceptèrent. Une initiative personnelle qui déclencha une action collective plus large et toujours d’actualité.

Des “convois de l’espoir” dans une situation européenne tendue

Ces convois, organisés via Facebook et Twitter et coordonnés via l’application WhatsApp, rencontrent un certain succès : ce sont près de 330 véhicules transportant 900 réfugiés qui ont désormais fait l’aller-retour entre l’Autriche et la Hongrie la semaine dernière. Une action qu’il est possible de suivre via différents hashtags comme #RefugeeConvoy ou encore #ConvoyofHope .

Cependant, cette solution risque de se compliquer dans les prochains jours. Alors que la Hongrie a édifié un mur de barbelés long de 175 kilomètres à la frontière serbo-hongroise, le premier ministre hongrois Viktor Orbán annonce la possible construction d’un mur similaire à la frontière croate. Le chef du gouvernement explique alors à l’agence Reuters “que [les Hongrois] ont le droit de décider de ne pas vouloir de nombreux musulmans dans leur pays”.

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Dans le même temps, l’Union Européenne se retrouve dans une impasse, faute de consensus sur la crise migratoire, obligeant les Etats-membres à agir unilatéralement. En conséquence, l’Allemagne rétablit les contrôles à ses frontières pour mieux réguler le flux de migrants. Au Danemark, le gouvernement refuse catégoriquement d’accueillir des réfugiés malgré une population plutôt favorable à l’accueil de réfugiés. Enfin la République Tchèque, la Slovaquie ou encore la Pologne s’opposent fermement à accueillir des réfugiés suite à des manifestations qui se sont organisées pour s’opposer à l’établissement de quotas comme le souhaite l’Allemagne et la France.

Cette situation, inédite par son ampleur, mettra à rude épreuve la construction européenne, déjà fragilisée par d’autres événements comme la crise des dettes souveraines.

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