Une équipe de chercheurs franco-américaine a mis au point une bactérie capable de détecter des maladies

Les bactéries, tantôt considérées comme des ennemies potentielles responsables de nombreuses maladies, tantôt assimilées comme justes bonnes à digérer les aliments et à fournir de l’énergie, marquent un tournant dans l’histoire de la médecine.

Des chercheurs de l’Inserm et du CNRS de Montpellier, associés au CHRU de Montpellier et à l’Université de Stanford (États-Unis), ont transformé une bactérie de manière à ce qu’elle puisse signaler la présence de pathologies via des marqueurs spécifiques mis en évidence dans le sang ou l’urine.

Une prouesse à mi-chemin entre électronique et biologie

Dans le but d’augmenter la présence de marqueurs pathologiques, les chercheurs ont conjugué biologie et principes d’ingénierie en implantant dans une cellule vivante (la bactérie Escherichia Coli ) une molécule d’ADN synthétique : le transcriptor (ou transistor génétique), celui-ci jouant alors le rôle de calculateur microscopique.

Le transcriptor est comparable aux transistors électroniques, des éléments centraux des systèmes électroniques modernes servant à la fois d’interrupteurs, d’amplificateurs et de signaux. La différence, c’est qu’ici les signaux électroniques sont remplacés par des signaux moléculaires qui contrôlent l’expression génétique.

Les bactéries ainsi programmées peuvent dévoiler des pathologies sous-jacentes, y compris lorsque les molécules spécifiques à la maladie sont présentes en infime quantité.

Lors de l’étude, les chercheurs ont connecté le transistor génétique à un système bactérien répondant au glucose. Les bactéries ont changé de couleur en quelques heures, montrant la présence anormale de glucose dans les urines de patients diabétiques.

Des nano-machines reprogrammables pour d’autres maladies

Facile d’utilisation et non invasive, cette méthode ouvre la voie à des tests diagnostiques puissants et beaucoup plus précis permettant une détection précoce des maladies.

Les chercheurs ont par ailleurs facilité la réutilisation de leur système en standardisant leur méthode. De fait, des connexions entre le transcriptor et de nouveaux systèmes de détection pourraient voir le jour. La bactérie reprogrammée pour d’autres marqueurs biologiques s’appliquerait alors à d’autres pathologies et pourrait éventuellement agir au niveau de la flore microbienne pour soigner notamment les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).

Crédit photo principale : Flickr – NIAID

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