Burn-out : une reconnaissance améliorée en tant que maladie professionnelle

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Vers une meilleure reconnaissance du burn-out

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, touche 12% de la population active, soit environ 3 millions de personnes, tous milieux et toutes professions confondues. Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire, s’est lancé dans la lutte contre ce fléau professionnel des temps modernes en proposant un amendement précisant que “les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle”, et ce aux mêmes conditions que les autres affections. Un amendement accepté par l’Assemblée Nationale le 28 mai dernier.

Le burn-out dans le tableau des maladies professionnelles : quels changements ?

Le burn-out qualifié en tant que maladie professionnelle (MP) permettrait notamment aux personnes concernées une prise en charge des frais médicaux à 100%. Par ailleurs, le poids de cette prise en charge imputerait directement à la branche accident du travail et maladie professionnelle (ATMP) de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM), celle-ci étant intégralement financée par les cotisations patronales.

Le but : encourager les entreprises à mieux prévenir les risques de burn-out. Une proposition déplorée par le Medef.

“Notre objectif n’est pas que les entreprises payent mais qu’elles préviennent et modifient leur organisation du travail. C’est le mal moderne du travail et c’est normal que le gouvernement s’en préoccupe” explique Benoit Hamon

Une reconnaissance au cas par cas

Actuellement, aucune pathologie psychique ne figure dans la liste des 98 maladies professionnelles reconnues, les symptômes étant multiples et complexes. Pour qu’une affection soit reconnue comme maladie professionnelle, il faut prouver une incapacité permanente de travail de plus de 25%. Un taux difficile à atteindre et bien difficile à quantifier dans ce contexte, et encore faut-il pouvoir prouver un lien direct avec l’activité professionnelle exercée.

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Crédit photo: Flickr – anna gutermuth

Pour l’heure, face à une inscription délicate au tableau des MP, la prise en compte des pathologies mentales se ferait donc au cas par cas par le biais du système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles . Ainsi, les salariés jugeant que leur affection est causée par leurs conditions de travail feront l’objet d’un traitement spécifique par les CPAM et les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), selon des modalités restant à être précisées par décret.

Un premier pas encourageant, que Benoît Hamon espère bien voir évoluer lors d’une prochaine lecture du projet de loi santé.

Comment reconnaître les symptômes du burn-out ?

Rythme effréné en raison d’exigences croissantes de rentabilité, irruption des nouvelles technologies chronophages, harcèlement moral… quelle qu’en soit la cause, le burn-out répond à une série de signes émotionnels, physiques et psychiques. La fatigue et la perte d’énergie figurent bien entendu au premier rang, suivies par une démotivation constante par rapport au travail (voire une peur panique de se rendre au travail) et un recours à des substances toxiques pour tenir le coup (alcool, drogue…).

On observe également, selon les cas : anxiété, insomnies, manque d’attention, incapacité à se déconnecter, perte de confiance en soi, repli sur soi, irritabilité, pleurs fréquents voire dépression profonde et pensées suicidaires dans les cas les plus graves, etc.

Le corps se rappelle aussi à nous : problèmes cutanés (poussées d’eczéma ou de psoriasis), vertiges, lumbagos, maux de dos, douleurs musculaires, migraines, problèmes digestifs, ulcères, perte ou gain de poids et autres infections à répétition montrant un déclin du système immunitaire (rhume, grippe, otite, sinusite, etc.).

Ce sont autant de signes qui, s’ils se surajoutent, durent et empirent dans le temps, doivent amener à consulter.

Crédit photo principale : Pixabay – geralt