Les Etats-Unis autorisent les forages pétroliers en Arctique

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Forage pétrolier Shell, Arctique

L’une des plus grandes réserves pétrolière au monde bientôt explorée par Shell

Depuis la découverte d’une des plus grandes réserves de pétrole au monde située en Arctique, trois pays limitrophes se battent pour l’exploiter : les Etats-Unis, le Canada et la Russie. Marqué par quelques coups d’éclats comme en 2007 avec un drapeau russe plantée sous les eaux de l’Arctique, ce sont aujourd’hui les Etats-Unis qui font un pas en avant, en autorisant le forage pétrolier au large des côtes de l’Alaska.

Alors que cette région du monde est d’ores et déjà frappée par des ravages liés à l’activité humaine, allant de la fonte des glaces à la menace d’extinction de plusieurs espèces de la région, cette autorisation suscite bien des inquiétudes parmi les opposants.

Shell pourra recommencer les forages exploratoires

Lundi dernier, le gouvernement américain a donc décidé d’autoriser les premiers forages pétroliers exploratoires dans la mer des Tchouktches sous certaines conditions et à une seule entreprise : le géant pétrolier Shell.

Le gouvernement fédéral américain cherche depuis à rassurer les opposants, en affirmant notamment que le forage se fera avec des exigences particulières telles que la préservation de l’environnement ou encore le respect des cultures des habitants de l’Alaska, en particulier de leurs moyens de subsistances.

Forage pétrolier Shell, Arctique

Crédit photo: Shell.com

Dans le même temps, le groupe pétrolier anglo-néerlandais se félicite de la décision du gouvernement américain. “C’est un projet à long terme que nous avons conclu avec le gouvernement fédéral et qui pourrait fournir d’importantes ressources pour répondre aux futures demandes en pétrole”, explique le président de Shell, Marvin Odum dans un courriel pour le Washington Post . L’entreprise espère ainsi obtenir les dernières autorisations manquantes afin d’initier les forages dès cet été dans une réserve estimée à 30 milliards de barils de brut.

Cette décision n’est cependant pas la première du genre pour cette région de l’Arctique. En 2012, une première autorisation fut donnée à Shell afin de commencer les forages exploratoires. Une initiative qui fut rapidement avortée suite à des problèmes techniques, obligeant le gouvernement fédéral à lever provisoirement l’autorisation, le temps que ces problèmes soient résorbés.

La crainte d’une pollution similaire à celle du Golfe du Mexique

Mais aussitôt que cette décision fut prise, des nombreuses ONG américaines et internationales réagissent contre cette autorisation, craignant que les problèmes techniques rencontrées en 2012 ne resurgissent et induisent un risque de pollution lourd de conséquences.

“Aucune entreprise ne doit avoir le droit de dépouiller le dernier océan vierge et de créer une importante pollution au CO2” s’insurge Franz Matzner, directeur d’une des branches de la Natural Resources Defense Council, une ONG environnementale américaine basée à New York. Selon lui, cette décision qu’il juge “aberrante” induirait de nombreux problèmes en cas d’accident, en raison d’une distance de plusieurs centaines de kilomètres du premier poste des gardes de côtes et des difficultés d’accès lorsque la mer sera gelée en hiver.

Par ailleurs, les associations redoutent un accident similaire de la plateforme DeepWater Horizon de BP en 2010 dans le Golfe du Mexique. L’accident provoqua une marée noire exceptionnelle avec le décès de 11 personnes suite à l’explosion et la perte de près de 779 millions de litres de pétrole brut, tuant plusieurs milliers d’oiseaux et d’animaux marins.