Pour sensibiliser, un magazine est imprimé avec du sang de séropositifs

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Vangardist, magazine imprimé avec de l'encre et du sang, VIH, sida, séropositif

Pour aider à déstigmatiser les porteurs du VIH, la couverture d’un magazine autrichien a été imprimée avec le sang de trois donneurs séropositifs

La dernière couverture du magazine Vangardist , un trimestriel masculin autrichien, paraît actuellement son dernier numéro avec de l’encre mélangée à du sang testé positif au VIH, de quoi le démarquer dans les kiosques. Mais ce n’est pas pour booster les ventes qu’une telle opération “choc” a été réalisée. “Ce magazine a été imprimé avec le sang de personnes séropositives”, peut-on lire, et c’est véridique. Plus de 3000 exemplaires de l’édition de printemps ont été imprimés avec de l’encre contenant une petite quantité de sang infecté, pour tenter de mettre fin à la stigmatisation sociale du VIH en Europe et à l’étranger.

Conçu avec l’aide de Saatchi & Saatchi, une agence de publicité, le numéro de printemps du Vangardist a pour but de coïncider avec le Life Ball , le plus grand événement caritatif contre le sida en Europe. Selon l’éditeur et le PDG du Vangardist, Julian Wiehl, imprimer des exemplaires du magazine avec du sang semblait être la façon la plus opportune pour attirer l’attention sur la stigmatisation sociale autour du VIH qui est aussi forte aujourd’hui qu’elle l’était il y a 30 ans.

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“Nous pensons que, en tant que magazine lifestyle, il est de notre devoir de répondre aux questions qui façonnent la société d’aujourd’hui,” affirme Wiehl dans un communiqué de presse . “On relève 80% d’augmentation de cas de VIH enregistrés en 10 ans, et on estime que 50% des cas de VIH détectés en retard le sont à cause du manque de tests provoqué par la stigmatisation sociale associée au virus. C’était pour nous une question très pertinente sur laquelle nous concentrer non seulement sur le plan éditorial, mais aussi d’un point de vue plus général de la communication.”

Inutile de préciser que l’on peut lire le magazine en tout sécurité. L’encre a été mélangée à raison de 28 doses d’encres pour une dose de sang prélevée auprès de trois personnes séropositives. Le mélange de l’encre et du sang a été supervisé par des médecins de l’Université de Harvard et de l’Université d’Innsbruck, qui ont certifié à la fois avant et après qu’il n’y avait aucun moyen possible que le VIH puisse être transmis par le magazine. Même sans cela, il aurait été impossible de contracter le sida : le VIH est très sensible aux variations de l’alcalinité, et ne peut subsister face au niveau du pH de l’encre.

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Imprimer des livres avec du sang n’a rien de nouveau, bien sûr. A la fin des années 90, Saddam Hussein a fait calligraphier un coran avec 27 litres de son propre sang, prélevés régulièrement pendant deux ans. En 1977, le groupe de rock Kiss avait sortit une bande dessinée à leur effigie en partenariat avec Marvel. Le tout premier exemplaire de la série fut imprimé avec de l’encre contenant l’hémoglobine des membres du groupe. Mais le numéro du printemps du Vangardist pourrait être la première publication à exploiter l’encre composée de sang dans un but plus noble.

Le magasine a été envoyé aux abonnés le 28 avril, et est disponible en kiosque ou en ligne depuis cette semaine.

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Toutes les photos proviennent du Vangardist.