Droit à l’oubli des personnes guéries d’un cancer : la fin d’une longue discrimination

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Le quotidien simplifié pour les anciens malades du cancer en rémission

En l’état actuel des choses, lorsqu’une personne souhaite obtenir un prêt immobilier ou contracter une assurance, elle doit remplir un questionnaire de santé demandant notamment si elle a souffert d’un cancer, et ce même des années après sa guérison. A l’heure du troisième plan cancer engagé en 2014, un protocole d’accord a été signé le 24 mars 2014 par les pouvoirs publics, les fédérations professionnelles de la banque, de l’assurance et de la mutualité ainsi que par les associations de malades et de consommateurs. Il vise à accorder un «droit a l’oubli» pour les personnes ayant subi un cancer. Une nouvelle satisfaisante pour les associations de malades, qui réclament de longue date une telle mesure, mais surtout pour les malades, qui après s’être battus pour guérir, devaient ensuite se battre socialement et financièrement.

Une guérison aux yeux du corps médical mais aussi de la société

Bientôt, les anciens malades du cancer jugés guéris par leur médecin n’auront plus à faire mention de leur maladie passée lorsqu’ils désireront contracter un emprunt ou une assurance. Les questionnaires accompagnant la souscription seront ainsi modifiés en conséquence d’ici la fin de l’année.

Dans les faits, comment ce droit va t-il s’appliquer ?

Jusqu’alors, les compagnies d’assurances exigeaient le recueil de toute l’historique de la maladie afin d’évaluer les risques. En fonction de ces critères, elles étaient libres de permettre ou non l’accès à la couverture. L’acceptation s’accompagnait bien souvent d’une surprime pouvant aller jusqu’à 50%. Un processus qui a longtemps exclu de nombreux anciens malades de pouvoir contracter un crédit.

L’établissement d’une grille de référence va permettre de répertorier les types de cancers, tenant régulièrement compte des progrès de la recherche. De manière générale, les malades en rémission n’auront pas à déclarer leur cancer 15 ans après la date de la fin du protocole thérapeutique et devront être ainsi assurés au tarif standard. Pour d’autres, ce délai pourra être écourté. Tout sera en fait question de la gravité du cancer et des risques de récidive.

Un droit à l’oubli automatique pour les jeunes de moins de 15 ans

Cette mesure importe aussi pour les enfants et les adolescents ayant été touchés par le cancer. On recense 350 000 nouveaux cas de cancers chaque année, dont 2 500 touchent des enfants ou des jeunes mineurs. Ces derniers, une fois entrés dans la vie active, se retrouvent avec ce «handicap», cette pesante étiquette d’ancien malade qui les pénalise durement dans leurs projets de vie.

Nous allons donc vers un droit accessible à tous qui bride toute discrimination et permet de se tourner vers l’avenir. La loi imposera donc que le droit à l’oubli soit automatique 5 ans après la date de fin de traitement pour les personnes ayant contracté un cancer avant l’âge de 15 ans.

Ces avancées sociales devraient s’étendre à d’autres pathologies et donner ainsi un droit à l’oubli pour les maladies chroniques stabilisées ainsi que pour d’autres maladies qui peuvent être guéries.

Crédit photo principale : Pixabay – PDPics