Belfort : trois lycéens de plus mis en examen pour l’agression d’un policier
Couvre-feu de 21h30 à 7h et interdiction de manifester pour trois adolescents, dont deux ont reconnu avoir frappé le commandant de police le 2 octobre.
Le procureur de Belfort a indiqué le jeudi 8 octobre que trois mineurs, gardés à vue la veille, étaient mis en examen dans l’affaire du policier agressé en marge du mouvement lycéen. Selon franceinfo, deux autres lycéens avaient auparavant fait l’objet de la même procédure.
En bref
- Trois lycéens mineurs, placés en garde à vue le mercredi 7 octobre, ont été mis en examen, a indiqué le procureur de Belfort le jeudi 8 octobre.
- Deux autres mineurs, de 15 et 17 ans, avaient été mis en examen le dimanche 4 octobre : cinq jeunes sont désormais concernés.
- Les trois nouveaux mis en examen sont sous contrôle judiciaire, avec un couvre-feu de 21h30 à 7h et l’interdiction de manifester.
Du 2 au 8 octobre, les étapes de la procédure
Tout part du vendredi 2 octobre, jour de l’agression à Belfort. Le dimanche 4 octobre, le procureur Paul-Edouard Lallois a engagé une information judiciaire pour des violences volontaires commises contre un fonctionnaire de police, après ce qu’il a qualifié de « lynchage ». Selon ici (France Bleu), deux jeunes ont été mis en examen le soir même.
- Agression du policier à Belfort, en marge du mouvement lycéen.
- Mise en examen de deux lycéens de 15 et 17 ans pour violences aggravées.
- Interpellation et garde à vue de trois autres mineurs.
- Annonce de leur mise en examen par le procureur, ce qui porte le total à cinq.
Les faits reprochés aux trois adolescents
Les trois mineurs sont poursuivis pour des violences sur un fonctionnaire de la police nationale, commises pendant une manifestation et sur la voie publique. L’incapacité totale de travail qui en a résulté n’excède pas huit jours. Deux circonstances aggravantes sont retenues : les faits ont été commis en réunion, et leurs auteurs ont volontairement dissimulé, en tout ou partie, leur visage.
Un des mineurs a 16 ans, les deux autres 17 ans. Tous sont lycéens et scolarisés à Belfort. Le ministère public précise qu’aucun n’a d’antécédent judiciaire, ce qui est aussi le cas des deux premiers mis en examen.
Trois versions sur la fonction de la victime
Pendant leur garde à vue, deux des trois jeunes ont admis avoir pris part aux violences contre le commandant de police, selon le parquet. Le troisième conteste avoir visé le policier. Chacun s’exprime différemment sur ce qu’il savait de la fonction de l’homme agressé.
| Mineur | Gestes reconnus | Ce qu’il dit de la qualité de policier |
|---|---|---|
| 17 ans (premier) | Un premier coup pour faire tomber le policier, puis trois coups de poing quand celui-ci était à terre | Affirme ne pas avoir su qu’il avait affaire à un policier |
| 16 ans | Un coup de pied à la tête de l’homme au sol | Dit l’avoir compris lorsque celui-ci a sorti une gazeuse, donc avant le premier coup, selon le procureur |
| 17 ans (second) | Soupçonné d’avoir utilisé une bombe lacrymogène ramassée au sol ; dit avoir appuyé sans direction précise et admet avoir dû toucher le policier | Se doutait de sa fonction, car l’homme était en train d’embarquer quelqu’un |
Ce dernier mineur, soupçonné d’avoir gazé le policier, déclare à propos du fait de l’avoir touché : « mon intention n’était pas de le faire ».
Un contrôle judiciaire qui encadre le quotidien
Les trois adolescents sont placés sous contrôle judiciaire. Les mesures citées, parmi d’autres, sont les suivantes :
- un couvre-feu chaque nuit, de 21h30 à 7h ;
- l’interdiction de s’approcher d’un établissement scolaire autre que le leur ;
- l’interdiction de participer à toute manifestation.
Ces obligations touchent directement leurs soirées et leurs déplacements autour du lycée.
Une plainte déposée par l’un des deux premiers mis en examen
Le dossier comporte un second volet. Selon ici, l’un des deux premiers lycéens mis en examen porte plainte pour « tentative de meurtre ». Son avocat indique qu’il reproche au même policier de lui avoir « maintenu sa tête sous l’eau » au moment de son arrestation. Ces accusations sont rapportées par la défense et ne sont pas établies.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Chabe01. Licence : CC BY-SA 4.0.




