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Comment vivre au mieux dans la société en tant qu’anticonformiste ?

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Anticonformisme

Les gens qui ne veulent pas se soumettre aux normes dictées par la société y trouvent-ils facilement leur place ? Quelques pistes de réponses pour l’anticonformiste que vous êtes peut-être.

Qu’il soit vestimentaire, comportemental, culturel, politique, artistique, économique ou encore religieux, l’anticonformisme se résume à une forme de revendication affichée plus ou moins ouvertement, visant à contester l’ordre établi. Il s’appuie sur une volonté forte de liberté individuelle. Ne pas entrer dans les cases préétablies d’un système idéologique, contourner les conventions sociales, normes et formules prémâchées imposées par la société, voilà le cheval de bataille de l’anticonformiste. Souvent relégué au rang de marginal, de rebelle ou de contestataire, il est rarement bien vu par la majorité.

Refusant d’être moutonnier, il peut parfois adopter des comportements déviants ou souhaiter simplement se démarquer pour être apprécié, mais la plupart du temps, il a un désir profond de changement sociétal et ne manque pas d’idées pour tenter d’y parvenir. C’est sur cette facette modérée et productive du révolutionnaire que nous allons nous attarder, en tentant de définir les bénéfices et limites d’une telle doctrine, le tout enrichi de quelques exemples historiques.

L’anticonformisme en trois temps : constat, action et conséquences

En restant honnêtes, nous sommes tous plus ou moins dépendants de ce que nous offre la société d’aujourd’hui. Nouvelles technologies, confort moderne, accessibilité à presque tout en un minimum d’efforts… beaucoup de choses facilitent notre quotidien et ce n’est pas pour nous déplaire. Vient toutefois un temps où certains plus que d’autres ouvrent les yeux et dénoncent ce qui devient dès lors inacceptable pour des raisons éthiques, entre autres. Dans cette société forte en conditionnement, que ce soit par le biais de la publicité ou des médias, il est courant de voir pulluler des groupes aux intérêts et buts communs, ne souhaitant plus assister de manière passive aux dérives en tous genres. C’est notamment le cas au sujet de l’écologie, la politique, l’injustice, l’immigration, l’insécurité, la pauvreté, la corruption, les inégalités, la famine ou la guerre, pour ne citer que cela.

Anticonformiste

La plupart des gens préfèrent se rallier aux avis prédominants pour éviter d’être rejetés et partant de cette logique, il n’est pas toujours aisé de défendre une opinion lorsque celle-ci est minoritaire. Les anticonformistes s’y attellent bec et ongles ne serait-ce que par principe, par respect pour leurs convictions. Mais comme dans toute décision, il y a un prix à payer et il faut être prêt à subir les conséquences de son “originalité”. Cela comprend de nombreux points en fonction du degré d’implication et de la manière de présenter les choses.

Parfois, certains détracteurs s’éloignent parce que leur façon de vivre ou de faire les insupporte, parce que leurs idées sont à mille lieues des leurs, ou parce que selon eux, “ça ne se fait pas” et que “toute vérité n’est pas bonne à dire”. Cela peut permettre de se remettre en question, de définir ses propres limites (ai-je été trop loin dans mes idées, dans mes actions ?…) et le cas échéant, de se rendre compte de qui sont ses vrais amis. D’autres fois, c’est l’anticonformiste lui-même qui fait le tri dans ses relations. L’important est d’assumer sa différence et d’accepter de ne pas être aimé de tous, et sans prétention, de n’importe qui. Avec les moyens de communication d’aujourd’hui, il est facile de se faire de nouvelles relations, de rallier des gens à sa cause pour faire bouger les choses.

A l’inverse, il est nécessaire de garder une certaine tolérance envers la majorité et de ne pas tenter d’embrigader tout le monde dans ses idées propres. Exposer simplement sa manière de voir les choses, arguments à la clé pour démontrer la façon dont les gens se conforment aveuglément à des standards (en partant du simple style de vie à des sujets plus graves, selon les aspirations), peut suffire à éveiller les consciences. Mais si tel n’est pas le cas, un acharnement ne peut que nuire à son image et discréditer les idées que l’on souhaite faire passer. Les gens doivent changer par eux-mêmes pour être sincères.

Ensuite, le fondement même de l’anticonformisme, c’est de ne pas accorder d’importance au jugement des gens, qui peut être brut de décoffrage. Cela n’est pas forcément inné et demande parfois un long travail pour se blinder face aux critiques et vivre en harmonie avec soi-même. Le temps et l’expérience font leur œuvre.

S’il y a du bon à être décalé, ne serait-ce que pour développer sa créativité et éviter de devenir un simple pion parmi tant d’autres, il est préférable d’exprimer sa différence avec les bons mots et de rester modéré. Dans le milieu du travail par exemple, un directeur qui a de la suite dans les idées trouvera la contestation intéressante dans la mesure où elle n’est pas omniprésente et apporte quelque chose en plus.

Il est toutefois difficile d’échapper entièrement au conformisme, à moins de se couper du monde, ce qui est contre-productif et largement défavorable en termes de bien-être personnel. S’aligner à la majorité pour les valeurs élémentaires, ne pas s’opposer à tout et tempérer son exubérance semble être la base de l’anticonformiste accompli, de même qu’accepter de perdre d’un côté pour gagner de l’autre.

Après tout, n’est-ce pas signe de bon équilibre mental que d’avoir du mal à adhérer à une société de toute évidence atteinte d’un profond malaise ?

L’anticonformisme dans l’Histoire et personnalités anticonformistes

L’un des meilleurs exemples à donner est le mouvement Hippie, bien que pour certains, l’appartenance à un groupe fait finalement écho au conformisme. Ceci est discutable en ce sens que les groupuscules font néanmoins partie d’une minorité s’opposant aux stéréotypes de la société auxquels se conforme aveuglément le citoyen lambda. Leur credo en deux mots : rejeter la société de consommation et les valeurs traditionnelles pour vivre plus librement. Si les plus indomptables ont réussi par la suite à vivre de leur idéaux (agriculture bio, artisanat, musique…) sans entraves, les esprits le plus subversifs ont en revanche plongé dans les excès en tous genres (alcool, drogues dures…). Ce fut notamment le cas de Jim Morrison ou Janis Joplin, morts par overdose.

Couple Hippie

Crédit photo: Wikimedia – Joe Mabel

Ce courant a tout au moins contribué au développement de l’écologie, de l’art thérapie et de la vie associative. Un mode d’éducation plus laxiste s’est également déployé, de même que la libération sexuelle. Mai 68 a tout de même permis de considérer la femme avec un droit à la parole et un accès plus facile à la contraception. Sans cette agitation collective, où en serions-nous à l’heure actuelle ?

Pendant la seconde guerre mondiale, les résistants ont pour leur part risqué la prison ou même leur vie pour leur participation à des réseaux clandestins, dans le but de combattre l’occupation allemande, le régime de Vichy, la répression… Ils ont participé activement à la libération de la France et nous leur devons notamment l’instauration de la Sécurité Sociale et le droit de vote des femmes.

Au niveau artistique, l’impressionnisme, qui mit fin à l’art moderne au XIXe siècle, et un peu plus tard le surréalisme, un mouvement culturel qui influença le cinéma, la littérature ou encore les arts visuels, entrèrent aussi dans le cadre anticonformiste.

Parmi les personnalités anticonformistes, Coluche et son humour provocateur et incisif, bien loin des clichés surtout pour l’époque. On reconnaîtrait ses punchlines parmi mille ! Impliqué dans le monde politique lors de la campagne de 1981, il dénonce les mensonges des médias, les manipulations du terrorisme par L’État et les problèmes sociaux dans leur ensemble. On ne peut bien évidemment pas parler de lui sans évoquer les Restos du Cœur, son oeuvre ultime.

Coluche, anticonformiste

Crédit photo: Flickr – Paille

Citons aussi Balavoine, le chanteur à textes engagés, aussi connu pour son engagement humanitaire en Afrique. Guerre, montée en puissance de la violence des jeunes, politique, racisme, liberté… il met sa célébrité au service de causes qui le déchirent.

Personnages emblématiques des années 80, ils ne mâchaient pas leurs mots pour mettre au grand jour des vérités dérangeantes. Ils font partie de ceux qui ont laissé une marque indélébile dans le cœur des français. Pour beaucoup, leur mort impromptue reste encore aujourd’hui suspecte.

Conclusion

Comme nous l’avons vu, l’anticonformisme peut prendre de nombreuses formes. S’il est respectable en soi, c’est à la condition qu’il soit pensé et réfléchi, qu’il ne porte pas atteinte à autrui ni ne soit néfaste. L’extrémisme peut avoir de lourdes conséquences au niveau de la vie sociale, personnelle et professionnelle et il est important d’en prendre conscience pour s’en préserver autant que possible. Cultiver son originalité est une chose, mais il est crucial de le faire tout en respectant les bases du savoir-vivre et du savoir-être, et en restant dans la légalité, pour s’intégrer au mieux à une société toujours et encore frileuse face à l’inconnu. Souvent, les actes valent mieux que les mots et policer son atypisme, sans pour autant perdre son franc-parler, le transforme en véritable atout qui peut faire évoluer les consciences dans le bon sens et inspirer les foules.

Crédit photo principale : Flickr – Thomas Leuthard

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1 Commentaire sur "Comment vivre au mieux dans la société en tant qu’anticonformiste ?"

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Marino
Invité

Effectivement, ce n’est pas toujours facile de vivre en marge de la société lorsqu’on est avant tout un marginal mais j’ai quand même passé ma vie ( jusqu’à date en tous cas…), je peux dire très très heureux même si parfois je fais peur aux gens d’une certaine façon, soit par mon manque de ” silence ” ou soit en disant trop ce que je pense et même encore aujourd’hui, il faut sans cesse que je me surveille !!! Mais ” Chasser le naturel et il revient vite au galop “, dit si bien le proverbe !!!

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