Une expédition dans la jungle en quête de nouvelles espèces

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La Planete Revisitée, expédition en Guyane

“La Planète Revisitée” : un renouveau des grandes expéditions

Si vous pensez que les expéditions dans les terres les plus sauvages de notre planète appartenaient au passé, détrompez-vous. C’est bel et bien ce que font une cinquantaine de chercheurs actuellement en Guyane, afin de recenser les populations animales et végétales de la région du massif de Mitaraka, une terre encore mal connue des chercheurs.

Un vaste projet de recensement de la biodiversité

Cette mission s’inscrit en réalité dans la continuité d’un programme plus important, mené par le Muséum national d’Histoire naturelle et Pro-Natura , une ONG internationale de défense de l’environnement et de lutte contre la pauvreté.

Ce programme, nommé “La planète revisitée”, se concrétisa par une première expédition en 2006 dans l’archipel de Vanuatu, plus exactement sur l’île d’Espiritu Santo, afin de faire un recensement des espèces présentes durant cinq mois. Et ce fut une réussite : cette première mission a permis de découvrir plusieurs centaines d’espèces qui étaient encore inconnues quelques années plus tôt.

La Planete Revisitée, expédition en Guyane

Des militaires préparant le terrain avant l’arrivée des naturalistes – Crédit photo: Facebook – La Planète Revisitée

Description de la photo sur la page Facebook :

“Extrême sud de la Guyane
76 personnes sur le terrain (dont 49 scientifiques)
Préparation du site du 14 au 30 janvier
Début opération scientifique : 23 février
Clôture : 30 mars
5500 kg de matériel et nourriture
70 heures d’hélicoptères”

Depuis, d’autres expéditions ont été organisées en Asie et en Afrique pour accélérer le recensement et finalement aboutir par un voyage en Guyane. Et l’objectif à atteindre est pour le moins ambitieux : l’équipe devra essayer de découvrir un maximum de nouvelles espèces, essentiellement des invertébrés, serpents, poissons et plantes le tout en quelques semaines seulement.

Après deux mois passés à observer la vie océanique au large de la Guyane en 2014, l’équipe de naturalistes doit désormais étudier pendant un mois 10 km² de jungle au sud de la Guyane, dans le massif du Mitaraka, non loin de la frontière franco-brésilienne.

Accélérer la recherche face à l’urgence environnementale

L’enjeu pour les scientifiques d’accélérer le recensement des espèces animales s’explique pour deux raisons, étroitement liées l’une à l’autre : le manque de connaissance et la préservation de l’environnement.

D’abord, il s’agit de mieux comprendre la biodiversité car selon eux, seules 70 000 espèces ont été recensées dans les territoires d’Outre-Mer. Or, il s’avère que cela représenterait seulement 10% des espèces supposément présentes. A l’échelle mondiale, les scientifiques estiment qu’il y aurait entre 8 et 30 millions d’espèces inconnues, alors que l’homme n’en connaît que 1,8 millions. L’intérêt est donc de combler le manque de savoir dans ce domaine.

La Planete Revisitée, expédition en Guyane

Massif du Mitaraka- Crédit photo: Facebook – La Planète Revisitée

Mais l’autre ambition est, une fois cette diversité mieux connue et comprise, d’agir afin de mieux la protéger. Alors que les espèces animales et végétales sont de plus en plus menacées par les activités humaines, les naturalistes veulent recenser le maximum d’espèces avant que certaines ne disparaissent. Une course contre la montre qui souffre par ailleurs d’un terrible handicap : l’impossibilité de tout répertorier à temps, obligeant donc à définir des priorités et à mobiliser d’importants moyens humains et matériels.

Une fois la mission terminée, les données seront étudiées avec attention par les scientifiques et les ONG, mais aussi partagés avec les enseignants et élèves guyanais, afin de leur offrir une meilleure compréhension de leur environnement.

Sources : Le Monde , Muséum national d’Histoire naturelle , Pro-Natura

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