Le voyage spatial en biostase, de la science-fiction à la réalité

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Sigourney Weather, stase, Alien

La Nasa envisage une forme d’hibernation des astronautes pour aller sur Mars

Voilà comment la NASA songe à envoyer des hommes sur Mars. Alors que les attentes sur un possible voyage vers la Planète Rouge sont toujours plus grandes, les contraintes d’un tel projet ne sont pas pour autant toutes levées. Trois d’entre elles sont d’ailleurs essentielles : comment faire un voyage si long, si loin et avec le moins de moyens possibles ? Une réponse à cela : la biostase.

De la science-fiction à la réalité

Jusqu’à maintenant, la biostase dans un vaisseau spatial était surtout un fantasme de science-fiction qu’on a pu retrouver dans de nombreuses œuvres littéraires ou cinématographiques, que ce soit dans Avatar ou encore dans 2001, l’Odyssée de l’Espace. Mais aujourd’hui, ce projet est bel et bien lancé : la NASA, via une entreprise privée américaine basée à Atlanta nommée SpaceWorks , travaille sur cette solution.

La biostase n’est ni plus ni moins qu’une sorte de phase d’hibernation, un arrêt temporaire de la vie, comme si le temps était suspendu. Comment procéder ? Jusqu’à maintenant, les quelques applications connues se sont faites dans des situations de courte durée. Autrement dit, des procédés comme l’abaissement de la température du corps sont actuellement exploités en médecine, pour protéger le cerveau d’un patient dans différentes situations : arrêt cardiaque, AVC, etc… Rappelez-vous : Michael Schumacher fut notamment mis dans un état semblable, afin de préserver son cerveau au maximum suite à son accident de ski.

Néanmoins, le procédé ne dure guère longtemps : quelques jours tout au plus. Et c’est là que le défi technique se présente : l’idée est d’étendre de quelques jours à six mois la stase, soit le temps d’un voyage vers Mars, et réveiller les astronautes au moment opportun.

Astronaute stase, NASA, Mars

Un astronaute en stase vers Mars – Crédit photo: NASA

Comment procéder ?

Le protocole prévu par les ingénieurs de chez SpaceWorks a de multiples étapes. D’abord, il faut plonger le passager dans cet état de stase par l’injection d’un produit réfrigérant via la cavité nasale pour atteindre le cerveau. L’idée serait d’abaisser de 3 à 5°C la température de ce dernier pour engendrer une baisse généralisée de la température du corps, via la circulation sanguine. Par cette baisse, l’activité du métabolisme serait donc “suspendue”, ou du moins ralentie.

Mais pour que le protocole fonctionne au-delà de seulement quelques jours, il faut pour cela conjuguer cette biostase à un contrôle des fonctions vitales des astronautes, pour s’assurer de leur bonne santé. Ajoutons à cela une alimentation par intraveineuse, afin d’assurer le bon fonctionnement du corps, même si ce dernier sommeille. Enfin, il faudra récupérer également l’urine et assurer une activité des muscles des passagers, aufin d’éviter ne atrophie musculaire, à l’aide d’une stimulation électrique.

Tout ceci semble bien pensé et prometteur. Néanmoins, le projet demande encore à être détaillé et rigoureusement expérimenté, car la question du bon fonctionnement de l’équipement et de la faisabilité d’une stase aussi prolongée reste incertaine sans que cela ne laisse d’éventuelles séquelles.

Quel est l’intérêt d’un tel projet ?

Les avantages de la biostase sont néanmoins nombreux dans l’hypothèse de longs voyages spatiaux. D’abord, et c’est essentiel, cela pourrait permettre de préserver l’équipage des problèmes psychologiques que représente une période si longue de confinement et sans la moindre intimité, le tout dans un environnement particulièrement hostile.

L’autre avantage d’un tel procédé est d’ordre technique : le gain en volume et en poids est non-négligeable. Entre l’économie de nourriture et d’énergie, cela permettrait de réduire la masse totale du vaisseau, et donc de rendre faisable son lancement. Aussi, la conséquence sera sur la quantité d’essence nécessaire au décollage. Au final, tout cela permettrait d’assurer de meilleures conditions de vol, tout en réduisant le coût d’un projet de voyage vers Mars.

Les intérêts vont aussi au-delà de la conquête spatiale. Cette technique, déjà connue dans le monde médical, pourrait s’avérer intéressante si elle est perfectionnée, notamment pour opérer et soigner les personnes grièvement blessées ou en arrêt cardiaque, en leur offrant de précieuses minutes supplémentaires de survie. Des recherches semblables sont d’ailleurs menées par l’Université de Pittsburgh dans ce domaine, tant elles permettraient de sauver des vies, recherches qui sont actuellement en phase de test.

Crédit photo principale : Sigourney Weather dans Alien (jack35.wordpress.com )

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