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Des députés LREM épinglés pour tapage nocturne

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Le palais Bourbon coûte cher au contribuable. Crédits photo : DXR, 2 avril 2014, Wikimedia Commons

Il y a quelques décennies, l’autre disait qu’être député ne conférait en soi aucune respectabilité… Aujourd’hui, la fonction semble s’éloigner de l’image qu’on lui a longtemps donnée : sérieux compassé, aucun sourire, costume cravate digne d’un banquier ou d’un croque-mort. Assistons-nous au retour d’un truculent chanoine Kir, un temps doyen de l’Assemblée nationale en plus d’avoir donné son nom à une boisson bourguignonne bien connue ? Non, puisque le port de la « soutane de course » du résistant est interdit depuis peu au palais Bourbon. Après les députés La France insoumise se rendant dans l’hémicycle en maillot de foot, ceux de la majorité sont allés plus loin… en se prenant pour de jeunes adolescents immatures en manque de volume. C’est presque aussi impressionnant que les sorties de Jean-Vincent Placé au printemps dernier !

C’est à LREM qu’on gueule le plus fort !

Qui ne connaît le défi et jeu « C’est à bâbord (ou à tribord) qu’on gueule le plus fort » ? Honni des chauffeurs de bus, c’est un amusement qui a diverti bien des écoliers en sortie scolaire… Ou de jeunes vacanciers en colonie de vacances. C’est en tout cas bon enfant, beaucoup plus que les affreuses musiques à fond que subissent les citadins depuis leur domicile ou bien lorsqu’ils marchent dans la rue, prennent les transports en commun… Il y a toujours des énergumènes qui se croient seuls au monde ou ont envie de se montrer, quitte à polluer leur environnement.

Qui a dit que la députation était une chose sérieuse ? Crédits photo : Chatsam, 18 septembre 2011, Wikimedia Commons CCA 3.0

Le 31 juillet dernier, c’est dans un cadre parlementaire que de tels désagréments se sont fait jour. Avant les départs en vacances, un pot a été organisé au sein de l’hôtel de Lassay par François de Rugy, président de l’Assemblée nationale issu de la majorité. Le Canard enchaîné  ne s’est pas gêné pour citer quelques noms : Pierre-Alexandre Anglade, Jean-Baptiste Djebbari et Pierre Person, entre autres. Ce petit groupe aurait fortement apprécié la buvette avant de faire la fête dans le bureau d’un rapporteur général : celui de la commission des affaires sociales. Dans des circonstances d’énervement, la porte du bureau a été enfoncé par un autre député, ce qui a motivé le débarquement de gendarmes.

Et c’est au tour de la BAC d’entrer en scène

L’histoire est ubuesque et paraît incroyable. La porte enfoncée et l’intervention des gendarmes n’auront pas refroidi l’ardeur des fêtards. Ces derniers ont en effet mis une sono à fond (ou presque) dans le bureau du député Véran. Le bruit induit a réveillé plusieurs habitants de la place du Palais-Bourbon. L’un d’eux ne s’est pas privé de récriminer, tandis que divers appels téléphoniques de plainte ont précipité l’intervention de la BAC (brigade anti-criminalité).

Tout cela intervient dans la continuité de l’affaire Benalla dont les soubresauts sont suivis dans le monde entier :

Le 27 octobre 2017, des députés LREM s’étaient déjà permis de danser avec une sono dans les couloirs de l’Assemblée nationale, à la fin d’une séance d’étude nocturne du PLFSS. Cette fois-ci, c’est un rappel à l’ordre du président François de Rugy qui avait suffi à calmer le jeu…

La République exemplaire, si elle est en marche, n’est cependant pas encore de la partie. Ou alors elle se permet de faire du tapage nocturne en faisant fi du voisinage. À l’heure où la pollution sonore est l’un des pires fléaux des villes et villages, beaucoup apprécieront le signal !