Accueil La Newsly Room Une violente émeute à Toulouse

Une violente émeute à Toulouse

361
PARTAGER
La place du Capitole à Toulouse à la tombée de la nuit. Crédits photo : Benh Lieu Song, 23 juin 2009, Wikimedia Commons, CC

Tout est parti d’un contrôle d’identité assorti d’une interpellation pour une personne portant un niqab sur la voie publique et s’opposant à la vérification de son identité. Les faits ont eu lieu à Toulouse, dans un quartier périphérique, le 15 avril 2018 en fin d’après-midi. Alors que rien ne le laissait supposer, la situation a rapidement dégénéré et ravive la question des zones de non-droit en France.

Une interpellation qui tourne mal

Dans le quartier toulousain de Bellefontaine, une équipe de policiers du Mirail patrouillait allée André-Maurois. Souhaitant contrôler l’identité d’une femme portant un niqab, ou voile intégral, cette dernière a appelé les passants à l’aider pour s’y soustraire. En effet, elle avait présenté une simple photocopie de sa carte d’identité, de très mauvaise qualité, tout en refusant de montrer son visage à la police, qui ne pouvait donc pas vérifier correctement son identité.

Les Toulousains auront peut-être pu se souvenir d’une émeute de 2014 survenue dans un tout autre contexte, après la mort de Rémi Fraisse :

Tandis que les policiers escortaient l’interpellée vers leur fourgon, ce sont à l’instigation de cette dernière près de 30 personnes qui se sont approchées avec des intentions menaçantes. Ces individus ont jeté des projectiles sur les policiers, l’un d’entre eux ayant d’ailleurs été légèrement blessé à la jambe. Pour se protéger, la police a dû procéder à 18 tirs de sécurité.

Plusieurs quartiers sous tension

Les faits s’étant ébruités tout au long de la soirée de dimanche, des affrontements plus violents ont eu lieu après 20 heures. La nuit a été très agitée, mais aucune interpellation ni blessure n’est à signaler, aussi bien du côté des policiers que des émeutiers. Entre Bellefontaine et la Reynerie, ce sont près de 15 voitures qui ont été incendiées, de même que diverses poubelles. Il a fallu attendre minuit environ pour que la situation se calme.

Des chaussées ont été incendiées et l’intervention des pompiers à partir de 22 h 30 environ a été entravée. Un hélicoptère a survolé la zone pour mieux surveiller le quartier. De gros renforts de police (on évoquerait 200 personnels supplémentaires) ont été dépêchés pour boucler les environs. Plusieurs centaines de grenades lacrymogènes auraient été utilisées pour répondre à du caillassage et des tentatives d’embuscade en l’espace de ces quelques heures. Malheureusement, ces scènes d’une « grande violence » ne sont pas une première. Il y en a déjà eu, par exemple, en 2013 :

Ces émeutes pourraient également avoir été motivées par l’annonce du décès d’un prisonnier de Seysses, près de Muret et non loin de Toulouse. Il s’agissait d’un individu de 26 ans, issu des quartiers de la banlieue toulousaine. Des rumeurs ont circulé, comme quoi il aurait été neutralisé par ses gardiens. Pourtant, la raison officielle rendue publique par les autorités est un suicide. À suivre…

Source :

La Dépêche