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Pour arrêter de se faire interrompre, des femmes ont inventé une astuce simple

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Des femmes ont trouvé une astuce pour ne plus se faire interrompre à la Maison Blanche

Les conseillères du président Barack Obama ont mis au point une stratégie simplissime pour faire valoir leurs idées et se faire entendre parmi les hommes. Et elle s’applique dans tous les milieux.

Travailler à la Maison Blanche implique des défis difficiles et multiples, mais au moins l’un d’entre eux, à savoir celui de se faire entendre, a toujours été plus difficile pour les femmes.

D’une part, elles sont moins nombreuses autour de la table : tous les présidents américains ont été jusqu’à présent des hommes, et parmi leurs principaux collaborateurs les hommes sont à ce jour beaucoup plus nombreux que les femmes. Mais cela ne se limite pas qu’à la politique. Dans tous les secteurs, et à la fois au travail et en dehors, les femmes se font interrompre plus souvent que les hommes, et ce par les personnes des deux sexes.

Ce manque de parité en termes d’interruption, appuyé par des décennies de recherche, est maintenant reconnu comme tel il y a un mot pour cela (en anglais) : manterrupting .

Une technique proche de l’anaphore

Mais à la Maison Blanche, une ancienne employée a expliqué au Washington Post que les femmes se sont alliées pacifiquement et ont commencé à utiliser une technique rhétorique simple pour stopper les interruptions incessantes et renforcer les idées formulées par d’autres femmes lors de la réunion quotidienne de 7h30 dans le bureau ovale.

Celle-ci se présente sous la forme suivante : lorsqu’une femme propose une idée ou un argument, une autre femme doit la répéter, et donner du crédit à la personne (une femme en l’occurrence) qui l’a prononcé. Cela rend l’idée plus difficile à ignorer, ou même à voler. Elles ont appelé cette technique “l’amplification”, qui se rapproche étroitement de l’anaphore (répéter le même mot au commencement de plusieurs phrases).

“Nous avons commencé à l’appliquer et en avons fait un objectif à tenir” a raconté au Post l’une des anciennes conseillères du président Barack Obama. “C’était devenu une habitude journalière.” Et les résultats ne se sont pas fait attendre : elle a ajouté qu’Obama a davantage prêté attention et a commencé à solliciter les femmes plus souvent.

Les femmes, peut-être inconsciemment, avaient remarqué deux choses. Tout d’abord, que la répétition est l’une des façons les plus simples de renforcer tout point de vue, ce qui peut être vérifié dans l’histoire à travers l’art oratoire et la poésie. Mais d’autre part, que marteler simplement une même idée en la répétant soi-même a ses limites, surtout dans un environnement concurrentiel où tout le monde réclame d’être entendu. Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que les femmes sont plus interrompues parce que leur style de conversation a tendance à être collaboratif, là où les hommes ont tendance à être plus compétitifs.

Cette astuce n’était pas gagnée d’avance. Les femmes, se sachant parfois moins écoutées, ont tendance à vouloir faire preuve de rivalité avec d’autres femmes, au lieu de s’unir avec elles et faire front plus efficacement ensemble. Peut-être que si Hillary Clinton devient présidente des Etats-Unis, les choses pourraient changer plus vite que prévu…

Crédit photo principale : Flickr – The White House

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