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COP30 à Belém : la transition énergétique en péril face à l’inefficacité des énergies fossiles

Irène Castelnau Par Irène Castelnau
4 min de lecture
COP30 à Belém : la transition énergétique en péril face à l’inefficacité des énergies fossiles
Illustration de la COP30 à Belém mettant en lumière les défis de la transition énergétique face aux énergies fossiles.
EN BREF
  • 🌍 Transition énergétique : la COP30 de Belém souligne l’urgence de réduire la dépendance aux énergies fossiles
  • ⚡ La croissance des renouvelables ne compense pas encore la domination des énergies traditionnelles
  • 💰 Les financements insuffisants ralentissent les efforts de transition dans les pays en développement
  • 🗺️ La volonté politique mondiale est mise à l’épreuve pour atteindre les objectifs climatiques ambitieux

La COP30, qui se tient à Belém, au Brésil, soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir de la transition énergétique mondiale. Alors que les énergies renouvelables connaissent une croissance rapide, les énergies fossiles continuent de dominer le paysage énergétique global. La conférence marque une décennie depuis l’Accord de Paris et se déroule dans un contexte de tensions climatiques et d’urgences énergétiques croissantes. Les dirigeants mondiaux sont confrontés à la question cruciale de savoir si les engagements pris en 2015 ont vraiment ouvert la voie à une transition vers des énergies plus propres.

L’essor des renouvelables ne signifie pas encore la fin des fossiles

La croissance des énergies renouvelables est indéniable. En 2024, la demande mondiale d’énergie a augmenté de 2,2 %, avec une hausse de 4,3 % de la consommation électrique. Les sources renouvelables ont contribué à 38 % de cette augmentation. L’innovation technologique a rendu l’éolien et le photovoltaïque compétitifs sur certains marchés. Cédric Philibert, chercheur sur le climat, affirme que « nous avons presque toutes les technologies nécessaires pour sortir des énergies fossiles ». Cependant, la part des énergies fossiles dans le mix énergétique reste élevée.

En 2015, les énergies fossiles constituaient 83 % de l’approvisionnement mondial. En 2024, elles représentent encore 80 %. Cette stagnation structurelle est critiquée par de nombreux experts. Les renouvelables progressent mais ne remplacent pas encore les fossiles. Elles s’ajoutent simplement aux sources existantes. Selon Transitions & Énergies, le système énergétique mondial est encore « massivement dominé par les énergies fossiles ». La substitution tant attendue n’a pas encore eu lieu.

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Une transition freinée par les inerties économiques et géopolitiques

Les freins à la transition énergétique sont nombreux. La croissance mondiale de la demande est principalement tirée par les économies émergentes. Elles absorbent plus de 80 % de l’augmentation de la demande énergétique. Même si la part relative des renouvelables augmente, la consommation absolue de fossiles demeure élevée. Selon l’Energy Institute, les fossiles représentaient encore 86 % de la consommation mondiale d’énergie primaire en 2024. Ce chiffre, stable depuis une décennie, souligne la lenteur des changements structurels.

Les financements sont un autre obstacle majeur. L’aide promise par les pays développés, de 100 milliards de dollars par an, n’a pas été atteinte. Selon l’African Energy Chamber, ce retard compromet les stratégies de développement à faible carbone dans de nombreux États africains. De plus, les politiques publiques manquent souvent de cohérence. Certains gouvernements augmentent leur production fossile malgré leurs engagements climatiques. Ce double discours nuit à la crédibilité des plans de transition.

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COP30 : test grandeur nature pour une volonté politique mondiale

La COP30 est une opportunité cruciale pour démontrer un engagement sérieux vers la sortie des énergies fossiles. Réunie à Belém, la conférence doit intégrer des objectifs chiffrés de réduction de l’usage des combustibles fossiles dans les NDC. Elle doit aussi débloquer des financements massifs pour les infrastructures renouvelables. Pour l’objectif de +1,5 °C de l’Accord de Paris, une réduction de 42 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 est nécessaire. Ce chiffre exige un basculement rapide vers un mix énergétique décarboné.

Pourtant, le scepticisme persiste parmi les observateurs. Selon Transitions & Énergies, « nous ne faisons qu’ajouter des sources d’énergie à celles existantes… ». Tant que cette logique d’addition prévaut, la transition sera incomplète. Belém représente une épreuve de vérité. La transition énergétique est engagée, mais son aboutissement repose désormais sur la volonté politique plutôt que sur la technologie.

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Les enjeux économiques et géopolitiques de la transition

Les aspects économiques et géopolitiques sont centraux dans la question de la transition énergétique. Les économies émergentes, qui tirent la croissance énergétique mondiale, se trouvent à un carrefour critique. Leurs besoins croissants en énergie doivent être satisfaits tout en respectant les objectifs climatiques. La dépendance persistante aux fossiles freine cette transition nécessaire. En outre, les tensions géopolitiques autour des ressources énergétiques compliquent la mise en place de stratégies cohérentes. Les pays riches doivent jouer un rôle clé en soutenant financièrement les efforts de transition des pays en développement.

Le tableau suivant illustre la répartition actuelle de l’énergie mondiale :

Source d’énergie Part en 2024 (%)
Fossiles 80
Renouvelables 20

Le défi de la transition énergétique mondiale est immense. La COP30 à Belém pourrait être un moment décisif, mais la route est semée d’embûches. La volonté politique des gouvernements sera cruciale pour dépasser les obstacles économiques et géopolitiques. Alors que les énergies renouvelables continuent de croître, leur capacité à remplacer les fossiles reste à prouver. La communauté internationale parviendra-t-elle à transformer ses ambitions en actions concrètes et efficaces ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Irène Castelnau

L’actualité, remise en perspective

Irène Castelnau

Bibliothécaire pendant trente ans, dont vingt dans une médiathèque de la banlieue toulousaine, Irène Castelnau écrit pour Newsly sur la culture, la société et la consommation. Elle traite aussi l'économie du quotidien : prix, budget des ménages, aides publiques. Elle aime revenir sur un sujet quelques mois plus tard pour voir ce qui a changé. Elle joue du violoncelle dans un orchestre amateur.