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« Une momie de 1 000 ans réveille d’anciennes bactéries » : les scientifiques surveillent de près ce microbiome ressuscité

Rémi Ohana Par Rémi Ohana
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« Une momie de 1 000 ans réveille d’anciennes bactéries » : les scientifiques surveillent de près ce microbiome ressuscité
Illustration de l'ouverture du corps d'Hna Hnu révélant un microbiome ancien.
EN BREF
  • 🧬 Les restes révèlent un microbiome ancien bien conservé.
  • 🔍 L’analyse montre des bactéries communes et modernes.
  • 🌿 L’alimentation comprenait plantes et insectes.
  • 🏺 Découverte offre des indications culturelles sur les sociétés passées.

La découverte des restes exceptionnellement bien conservés d’un jeune homme décédé il y a environ 1 000 ans au Mexique a permis aux chercheurs de plonger dans l’histoire des microbiomes humains anciens. Retrouvés dans un abri sous roche à Zimapán, ces restes ont révélé des détails fascinants grâce à la préservation des tissus intestinaux momifiés et des matières fécales. Cette étude, dirigée par Santiago Rosas-Plaza de l’Universidad Nacional Autónoma de México, offre une opportunité unique d’examiner la composition bactérienne du microbiome de cet homme. Les résultats pourraient fournir des indices précieux sur la vie et l’alimentation des anciennes sociétés humaines.

L’analyse du microbiome intestinal

Nos intestins abritent des milliards de bactéries et autres micro-organismes, dont la composition varie selon l’âge, l’alimentation, la santé et le lieu de vie. L’étude des microbiomes anciens est en plein essor, avec des découvertes précédentes concernant une personne inca et l’« Homme des glaces » tyrolien. Pour contribuer à ce domaine, Rosas-Plaza et son équipe ont analysé les restes bien conservés de l’homme trouvé au Mexique. Cette analyse offre des aperçus sur les sociétés humaines anciennes et l’évolution de la composition bactérienne de l’intestin au fil du temps.

Les chercheurs ont utilisé le séquençage du gène 16S rRNA pour identifier le microbiome de l’homme à partir de ses tissus intestinaux et matières fécales conservées. Grâce à ces échantillons, ils ont extrait l’ADN des bactéries, leur permettant d’étudier la communauté microbienne présente pendant la vie de l’homme. L’analyse a révélé plusieurs familles bactériennes couramment associées au microbiome humain, telles que les peptostreptococcaceae, enterobacteriaceae et enterococcaceae.

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Les bactéries intestinales modernes

L’équipe de chercheurs a également obtenu des informations supplémentaires sur le microbiome de l’homme de Zimapán. L’examen a révélé des niveaux élevés de Clostridiaceae, une famille de bactéries précédemment identifiée dans les momies des Andes anciennes. De plus, les restes contenaient des bactéries comme Romboutsia hominis, associées au microbiome intestinal humain moderne. Cette découverte est particulièrement notable, car c’est la première fois que Romboutsia hominis est trouvée dans un microbiome ancien.

Les types de bactéries identifiées suggèrent que l’alimentation de l’homme incluait des plantes et des insectes. Certaines bactéries sont liées à la digestion de tissus végétaux, probablement des agaves, des yuccas et des figues de Barbarie. D’autres bactéries sont associées à la décomposition des tissus d’insectes, indiquant que ces derniers faisaient également partie de son régime alimentaire. Les chercheurs notent que ces découvertes élargissent les connaissances sur les microbiomes anciens et pourraient fournir des indices sur la vie de l’homme de Zimapán, bien que des analyses supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces résultats.

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Les conditions de préservation

L’homme de Zimapán était probablement un chasseur-cueilleur semi-nomade saisonnier de la culture otopame mésoaméricaine ancienne. Ses restes momifiés ont été préservés de manière exceptionnelle grâce aux conditions sèches et fraîches de la grotte. Le corps était enveloppé dans un tissu de coton et recouvert d’une natte en maguey, un textile épais tissé à partir de fibres d’agave. La couche intérieure, sur laquelle il était placé, était constituée d’une feuille de coton brun natif parfaitement tissée.

Les chercheurs ont noté la complexité de l’agencement du tissu de coton, concluant qu’il s’agissait d’un tissu particulier et difficile à créer. Le corps était soigneusement enveloppé comme un paquet, ce qui suggère qu’il pouvait avoir été une figure importante dans sa communauté. Ces découvertes ont été publiées dans la revue PLOS One le 8 octobre 2025.

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Implications pour la recherche future

Les découvertes faites à partir des restes de l’homme de Zimapán offrent de nouvelles perspectives sur l’évolution des microbiomes humains et les modes de vie anciens. L’analyse du microbiome intestinal de cet homme pourrait aider à comprendre comment les bactéries intestinales ont changé au fil du temps et comment elles ont influencé la santé humaine. La recherche future pourrait approfondir ces découvertes pour explorer les implications de ces microbiomes anciens sur la santé et l’alimentation modernes.

Alors que les chercheurs continuent d’explorer ces pistes, une question demeure : comment ces découvertes sur les microbiomes anciens pourraient-elles influencer notre compréhension des pratiques alimentaires et de santé actuelles ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Rémi Ohana

L’actualité, remise en perspective

Rémi Ohana

Ingénieur de recherche pendant sept ans dans un laboratoire public de physique des matériaux, Rémi Ohana écrit pour Newsly sur les sciences, les technologies et le numérique. Il suit aussi les enjeux économiques de l'innovation. Il distingue les résultats publiés des simples annonces. Il grimpe en salle deux soirs par semaine.