Économie & finance

« J’ai été auxiliaire de vie toute ma carrière » : voici combien Corinne touche chaque mois après quarante ans de service

Awa Kanouté Par Awa Kanouté
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« J’ai été auxiliaire de vie toute ma carrière » : voici combien Corinne touche chaque mois après quarante ans de service
Illustration de Corinne, ancienne auxiliaire de vie, réfléchissant aux défis financiers de sa retraite.
EN BREF
  • 👵 Corinne, après quarante ans de service, découvre les défis financiers de sa retraite.
  • 🔍 Le choix de prolonger sa carrière n’a pas apporté le bonus espéré.
  • 💼 Elle envisage de retourner au travail pour retrouver sa passion professionnelle.
  • 🤝 Son rôle d’auxiliaire de vie lui a permis de créer des liens durables avec les personnes âgées.

Corinne, 62 ans, a récemment pris sa retraite après une carrière de quarante ans en tant qu’auxiliaire de vie. Ce passage à une nouvelle étape de sa vie est marqué par des réflexions sur sa pension, ses futurs projets et quelques regrets. Ayant commencé à travailler à 16 ans, elle a bénéficié du dispositif des longues carrières, lui permettant de partir plus tôt à la retraite. Cependant, ses années supplémentaires de travail n’ont pas apporté le bonus espéré, ce qui soulève des questions sur l’efficacité des réformes récentes et les défis financiers auxquels elle est maintenant confrontée.

Des conditions de départ à la retraite complexes

Corinne a commencé à travailler dès l’âge de 16 ans, ce qui lui a permis de partir à la retraite plus tôt grâce au dispositif des longues carrières. La réforme de 2023 a fixé l’âge légal de départ à 62 ans et 6 mois, avec 169 trimestres pour une retraite à taux plein. Corinne, quant à elle, avait déjà cumulé 176 trimestres à l’âge de 60 ans, dont 12 avant ses 20 ans. Elle aurait pu prendre sa retraite dès janvier 2023, mais a choisi de prolonger son activité jusqu’au 1er juillet 2024.

Malheureusement, cette prolongation ne s’est pas traduite par une augmentation de sa pension. Pour bénéficier d’une surcote, il aurait fallu non seulement dépasser le nombre de trimestres requis, mais aussi l’âge légal établi. Avec ses 182 trimestres, Corinne n’a donc pas bénéficié du bonus espéré.

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Une pension insuffisante à compenser

Durant ses dernières années en tant qu'auxiliaire de vie, Corinne percevait un salaire net mensuel compris entre 2 000 et 2 200 €. Aujourd'hui, sa pension de retraite atteint seulement 1 600 € net par mois. Cette somme se décompose en 1 200 € de retraite de base et 400 € de complémentaire. Cette réduction de revenu, oscillant entre 20 et 27 %, constitue un ajustement financier considérable pour Corinne.

En tant qu'auxiliaire de vie employée par des particuliers, elle cotisait à deux régimes distincts : la retraite de base administrée par la CNAV et la retraite complémentaire Agirc-Arrco, via l’IRCEM. Ces deux régimes constituent maintenant l'essentiel de sa pension. La baisse significative de ses revenus questionne l'équité des conditions de retraite pour les travailleurs du secteur social.

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Retourner au travail, une option envisagée

Malgré sa retraite récente, Corinne n'exclut pas un retour au travail. Elle envisage de reprendre quelques heures chez son ancien employeur, l’association Petit-Fils, une fois ses problèmes de santé résolus. Ce retour ne serait pas motivé par des raisons financières, mais par une véritable passion pour son métier. "Le métier me manque", confie-t-elle.

Ce retour à l'emploi pourrait toutefois lui apporter un léger supplément de retraite. Depuis 2023, le cumul emploi-retraite permet de générer de nouveaux droits, pourvu qu'un délai de carence de six mois soit respecté chez le même employeur. Un temps partiel à 1 000 € brut par mois pendant cinq ans pourrait se traduire par un surplus mensuel d'environ 81,50 €. Cependant, l'essentiel réside dans la satisfaction personnelle et la reconnaissance des familles qu'elle accompagne.

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L'attachement au métier d'auxiliaire de vie

Corinne a découvert sa vocation après avoir accompagné un proche en fin de vie. Elle a ensuite décroché le diplôme d'État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et a choisi de travailler comme mandataire. Ce statut lui a permis de tisser des liens durables avec ses clients, loin des contraintes des services prestataires. "Lorsque l'on est mandataire, on est payé par la personne âgée", explique-t-elle.

Ce mode de travail lui a permis de créer un environnement de confiance et de continuité, tant apprécié des familles et des personnes âgées. Corinne, même à la retraite, incarne l'engagement des auxiliaires de vie qui ne se détachent jamais complètement de leur profession. Sa passion pour le métier et son désir de continuer à aider les autres soulignent l'importance de ce rôle dans notre société.

Alors que Corinne envisage un possible retour au travail, elle se demande si les réformes actuelles de la retraite prennent réellement en compte les besoins des travailleurs du secteur social. Comment ces réformes pourraient-elles mieux soutenir ceux qui, comme elle, ont consacré leur vie à aider les autres ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Awa Kanouté

L’actualité, remise en perspective

Awa Kanouté

Awa Kanouté a d'abord été chargée d'études dans une association de consommateurs, où elle comparait contrats et tarifs. Pour Newsly, elle couvre la consommation, l'énergie, l'environnement et les transports. Elle cite les textes officiels plutôt que les communiqués. Elle anime un club de lecture dans son quartier.