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« La Russie et la France entrent en guerre économique totale » : un affrontement titanesque pour s’emparer des 9,2 milliards d’euros du marché du combustible nucléaire

Rémi Ohana Par Rémi Ohana
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« La Russie et la France entrent en guerre économique totale » : un affrontement titanesque pour s’emparer des 9,2 milliards d’euros du marché du combustible nucléaire
Vue aérienne du réacteur VVER-S en Russie, symbole de l'innovation technologique dans le domaine du nucléaire.
EN BREF
  • 🔬 Le réacteur VVER-S de Rosatom utilise du combustible MOX pour réduire la dépendance à l’uranium naturel.
  • 🌍 Le marché mondial du combustible nucléaire est estimé à 9,2 milliards d’euros par an, avec une demande croissante en Asie.
  • Framatome développe des combustibles avancés pour améliorer la sécurité et la performance des centrales nucléaires.
  • 🚀 Les réacteurs de génération IV promettent de révolutionner le secteur en améliorant la sûreté et en réduisant les déchets.

Le nucléaire, bien qu’il soit une source d’énergie puissante et durable, reste au cœur de nombreux débats en raison des défis liés à l’exploitation du combustible et à la gestion des déchets. Dans ce contexte, la Russie, via son géant Rosatom, explore de nouvelles voies avec le développement du réacteur VVER-S. Ce réacteur promet de transformer le paysage énergétique en améliorant l’efficacité des réacteurs et en réduisant les déchets. Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale où les innovations en matière de combustible nucléaire sont cruciales pour répondre aux besoins énergétiques croissants tout en minimisant l’impact environnemental.

Les avancées prometteuses du réacteur VVER-S

Le réacteur VVER-S, développé par Rosatom, représente une avancée significative dans le secteur de l’énergie nucléaire. Il s’agit d’un réacteur modéré et refroidi à l’eau d’une capacité de 600 MW, qui se distingue par son utilisation innovante du combustible MOX. Ce combustible, composé de dioxyde de plutonium et de dioxyde d’uranium appauvri, permet une réduction significative de la dépendance au combustible frais. L’utilisation du combustible MOX pourrait réduire de moitié l’emploi de l’uranium naturel, générant ainsi des économies substantielles sur toute la durée de vie du réacteur.

Le VVER-S innove également par son système de contrôle spectral, qui ajuste le rapport entre l’eau et l’uranium pour produire du plutonium utilisable comme combustible. Cette approche réduit non seulement les besoins en combustible frais, mais optimise également l’utilisation de chaque gramme de matière fissile, ouvrant la voie à une exploitation plus durable et efficace des ressources nucléaires.

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Un marché nucléaire en pleine expansion

Le marché mondial du combustible nucléaire représente environ 9,2 milliards d’euros par an, alimenté par plus de 410 réacteurs opérationnels à travers le monde. Ces réacteurs génèrent près de 2 900 TWh d’électricité, soulignant l’importance cruciale de cette source d’énergie pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux. Parmi les principaux acteurs de ce marché figurent Framatome, Westinghouse, TVEL et Orano, qui investissent massivement dans la recherche et le développement de combustibles avancés.

La demande pour le nucléaire est particulièrement forte en Asie, où des pays comme la Chine investissent dans de nouvelles capacités nucléaires. Les petits réacteurs modulaires (SMR) sont également en pleine expansion, offrant des solutions énergétiques flexibles et plus durables. Cette dynamique de marché indique une volonté croissante d’explorer des solutions énergétiques innovantes pour répondre aux défis énergétiques du futur.

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Framatome : l’innovation française au service du nucléaire

Framatome, un leader mondial dans le domaine du nucléaire, ne cesse d’innover pour améliorer la performance et la sécurité des centrales nucléaires. En 2023, l’entreprise a développé un combustible monolithique U-Mo à haute densité pour le réacteur de recherche FRM II. Cette avancée s’inscrit dans le cadre du programme Accident Tolerant Fuel (ATF), visant à créer des combustibles plus résistants aux accidents.

Framatome travaille également sur des combustibles à haut taux de combustion pour les réacteurs à eau pressurisée, optimisant ainsi les cycles de 18 à 24 mois. En mars 2025, l’entreprise a obtenu la validation de son dernier combustible pour le marché américain, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités sur le premier marché mondial. Ce projet permettra à la France d’alimenter 120 millions de foyers européens en énergie, grâce à un site d’enrichissement d’uranium d’une valeur de 1,7 milliard d’euros.

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La course mondiale vers les réacteurs de 4e génération

Si le VVER-S représente une avancée notable, les réacteurs nucléaires de génération IV promettent de révolutionner le secteur. Ces réacteurs, conçus pour améliorer la sûreté, réduire les déchets et optimiser l’utilisation des ressources, sont au cœur des recherches actuelles. Parmi les concepts émergents, on retrouve les réacteurs à très haute température, les réacteurs à sels fondus et les réacteurs à neutrons rapides.

La Chine a récemment mis en service un réacteur refroidi au gaz, et la Russie exploite déjà des prototypes industriels comme le BN-800. En France, le projet Astrid, bien qu’abandonné puis relancé, témoigne de l’engagement continu dans la recherche sur les réacteurs de nouvelle génération. Ces innovations pourraient transformer le paysage énergétique mondial d’ici 2030 à 2050, posant la question : à quel point ces nouvelles technologies changeront-elles notre approche de l’énergie nucléaire ?

Alors que le monde se tourne de plus en plus vers des solutions énergétiques durables, le nucléaire demeure une pièce essentielle du puzzle énergétique. Avec des innovations telles que le réacteur VVER-S et les efforts de géants comme Framatome, le potentiel du nucléaire pour répondre aux défis énergétiques est immense. La question qui se pose désormais est de savoir comment ces avancées vont influencer les décisions énergétiques à l’échelle mondiale et quelles seront les prochaines étapes pour une énergie nucléaire plus propre et plus sûre ?

Rémi Ohana

L’actualité, remise en perspective

Rémi Ohana

Ingénieur de recherche pendant sept ans dans un laboratoire public de physique des matériaux, Rémi Ohana écrit pour Newsly sur les sciences, les technologies et le numérique. Il suit aussi les enjeux économiques de l'innovation. Il distingue les résultats publiés des simples annonces. Il grimpe en salle deux soirs par semaine.