Un ancien responsable adjoint du magasin Action à Nogent-sur-Oise a été congédié après huit ans de service pour avoir omis de payer un paquet de mini-saucissons valant moins de 6 euros.
Le licenciement inattendu
Initialement rapportée par L’Humanité le 18 avril et confirmée par Le Parisien, cette histoire est celle d’un homme qui a été démis de ses fonctions pour une omission dérisoire. Aucun avertissement préalable n’avait été émis à son encontre avant la réception d’une lettre officielle de licenciement pour « cause réelle et sérieuse » le 26 mars dernier.

Le motif du licenciement ? La consommation d’un paquet de mini-saucissons pendant sa pause de travail. L’ancien responsable adjoint avait pris pour habitude de se servir en rayon pendant son service, régler ses achats plus tard, lorsqu’il y avait moins de monde à la caisse. Malheureusement, ce jour-là, il a oublié de payer les mini-saucissons.
La réaction de l’entreprise
Selon la lettre de licenciement, l' »omission » de l’ex-employé a causé au magasin Action de Nogent-sur-Oise un préjudice de 5,48 euros. Les faits remontent au 9 février dernier. Un agent de sécurité avait remarqué l’homme prenant des articles en rayon et a informé la direction. Le tout s’est conclu par un entretien disciplinaire avec la responsable des ressources humaines et le directeur général de l’entreprise.
Action, sollicité par Le Parisien pour commenter l’affaire, a refusé d’émettre une déclaration. Le directeur régional a simplement souligné le caractère « sensible » du dossier, sans donner plus de détails.
Défense et contestation
La direction affirme que l’employé « a un dossier », sous-entendant que son licenciement ne se limite pas à cet incident. Pourtant, aucune autre raison n’a été citée dans la lettre de licenciement, rendant leur argumentation difficile à appréhender.
Le délégué syndical CGT qui soutient l’employé licencié riposte en soulignant que la décision « doit être basée sur des faits objectifs », et appelle à respecter une « proportionnalité entre la sanction et la faute ». La CGT dénonce énergiquement l’attitude de l’entreprise envers le dialogue social.
L’homme en question envisage de quitter le secteur du commerce et de se réorienter, encore bouleversé par cet incident.
Face à cette situation, on ne peut que s’interroger : nos sociétés sont-elles en train d’oublier l’importance de la seconde chance et du dialogue dans la résolution des conflits sur le lieu de travail ? De quelle manière pouvons-nous, en tant qu’employeurs, employés et clients, œuvrer pour instaurer un équilibre entre responsabilité personnelle et compassion au travail ?






