Combattre les maladies infectieuses est devenu une problématique mondiale en raison de la rapidité avec laquelle se font les échanges entre humains. En effet, de nombreux facteurs contribuent à accroître les risques d’épidémie. L’âge, la qualité de vie, l’urbanisation, les migrations et le réchauffement climatique sont quelques-uns d’entre eux. Quelles règles peut-on mettre en pratique afin de mieux se protéger en période d’épidémie ?

Le non-respect de l’hygiène et de la propreté à l’origine des maladies

Tout au long du vingtième siècle, l’on a observé une baisse de la mortalité malgré la multiplication des épidémies. La principale raison invoquée par les experts pour justifier cette chute de la mortalité est le renforcement des mesures d’hygiène. Ce faisant, nombreux sont les scientifiques qui estiment que l’impact de cette action sur la santé des populations a surpassé de loin les progrès réalisés par la médecine.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que cet exploit a été rendu facile par un facteur important : l’approvisionnement des villes en eau et la mise à disposition de cette précieuse ressource de manière pérenne auprès du plus grand nombre. Si l’on ajoute à cela l’amélioration des techniques de traitement et d’évacuation des eaux usées, on comprend mieux la situation.

Or, de nos jours, la tendance générale est à l’abandon des règles d’hygiène et principalement celles qui ont fait leurs preuves tout au long du siècle dernier. Le paradoxe, c’est l’exigence faite par les consommateurs de recevoir des produits aseptisés alors même qu’ils ne se soumettent pas au respect de l’hygiène. Cela peut s’observer dans divers domaines parmi lesquels, l’agroalimentaire.

Pourtant, il va de soi qu’à force de consommer les produits sains, leurs organismes non protégés contre certaines menaces y sont plus exposés du fait d’un déficit d’immunité. L’explication ne bénéficie pas encore de certitudes des scientifiques établies. Mais de nombreux experts du domaine explorent la piste d’une sous-exposition aux micro-organismes par les citadins pour justifier leur fragilité face aux épidémies.

L’âge, un autre facteur de propagation des épidémies

De plus en plus, l’on observe une certaine vulnérabilité des populations occidentales. Cette faiblesse du système immunitaire serait en lien avec l’âge très avancé des habitants de ce continent. Les personnes âgées sont généralement plus exposées aux maladies infectieuses. L’actuelle pandémie mondiale de Covid-19 en est une illustration patente.

La grippe et la légionellose font également de nombreuses victimes dans cette couche de la population. C’est pour y faire face que les pouvoirs publics ont décidé de mettre en place une législation régissant la prise en charge des personnes âgées contre les épidémies de grippe saisonnière. Les plus de 65 ans bénéficient ainsi du programme de vaccination mis en place dans le cadre de la prévention contre lesdites épidémies.

Les statistiques montrent que grâce à cette politique, entre 3000 et 6000 personnes peuvent être sauvées chaque année en France. La prise en charge sus évoquée concerne quelque huit millions de personnes, dont 5,2 millions réellement vaccinées. Cette action coûte annuellement entre 12 et 13 millions d’euros à l’État, non compris les frais de consultation.

Les coûts liés à la consultation n’ayant pas été évalués, la prise en compte des visites conduisant à la vaccination permet de reconsidérer le montant de la dépense. Environ 140 millions d’euros par an, c’est l’enveloppe globale affectée à la protection des personnes âgées de plus de 65 ans contre la grippe saisonnière. Cet exemple montre que dans sa stratégie, l’État doit prendre en compte divers facteurs dont le moindre n’est pas le vieillissement de la population.

Le développement des villes, une autre source de propagation des virus

De nombreuses études montrent que la prolifération des maladies est étroitement liée à l’augmentation exponentielle du nombre de personnes vivant dans les grandes villes. À titre d’illustration, la ville de Marseille fut l’épicentre de l’épidémie de peste survenue en France en 1920. Les échanges commerciaux et la négligence des mesures de quarantaine furent les principaux facteurs de propagation de ladite épidémie.

La campagne devint le lieu de refuge par excellence des exilés sanitaires qui fuyaient les centres urbains où la maladie faisait des ravages. Montaigne, alors Maire de Bordeaux, fut d’ailleurs vivement critiqué pour sa décision de quitter sa ville de résidence. À en croire ceux qui prenaient le chemin de la campagne, s’isoler en ces lieux constituait le moyen le plus sûr pour échapper à la méchante peste.

De nos jours, la proximité créée par les transports en commun et la promiscuité ambiante dans les quartiers populeux sont à l’origine de certaines épidémies comme la grippe saisonnière. Le mode d’organisation des sociétés modernes est par conséquent pointé du doigt comme étant l’un des facteurs accentuant le rythme des contaminations.

Outre le respect des mesures barrières, les réseaux de distribution d’eau doivent être étroitement surveillés pour une meilleure prévention des risques épidémiques. L’usage de désinfectants comme le gel hydroalcoolique est également une précaution qui devrait rentrer dans les habitudes, surtout en période de crise sanitaire.

Migrations et brassages des populations, une voie royale pour la transmission des virus

Venue d’Asie, la peste noire a suivi les routes maritimes et terrestres de la soie. De mémoire d’homme, jamais une épidémie n’avait décimé une telle quantité d’êtres humains. Près de la moitié des Européens, c’est-à-dire plus de 20 millions de personnes, furent tuées durant cette crise.

La peste noire est un cas pratique de transmission d’un virus qui se propage en suivant les mouvements migratoires. Comme un malheur ne vient jamais seul, les coupables furent rapidement identifiés. Juifs et lépreux furent accusés d’avoir empoisonné les puits d’eaux afin de répandre la maladie. Cette stigmatisation ne manqua pas d’exacerber un sentiment de xénophobie au sein de la population autochtone et les conséquences furent désastreuses.

Les moyens de transport de masse, l’avion, le bateau, le train ou le bus sont des foyers de contamination à grande échelle en période d’épidémie. Or, la quarantaine ou l’autarcie qui sont des méthodes efficaces en matière d’isolement des malades sont très difficiles à mettre en place dans la société moderne. La raison ? Elles contribuent à restreindre dangereusement les libertés individuelles.

Prendre le SRAS en exemple pour relativiser la complexité d’une telle équation serait une réflexion biaisée. En réalité, il s’agit là d’un cas isolé de maîtrise d’une épidémie en brisant très tôt les chaînes de transmission. Car d’autres maladies comme la tuberculose continuent de circuler parmi la population, avec pour principal vecteur les transports en commun. Le lien entre promiscuité et tuberculose est une certitude et non le fruit du hasard.

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