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Radars embarqués : en septembre ils deviennent privés, et les amendes vont pleuvoir

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Radars privés

Les radars embarqués, dissimulés à bord de voitures banalisées, vont bientôt être confiés des sociétés privées. Le nombre de PV pourrait être multiplié par huit.

Pour réduire le nombre de décès liés à la vitesse sur les routes, le gouvernement prévoit de déployer de plus en plus de radars embarqués. Mais ne vous attendez pas à voir plus de voitures de police garées au bord de la route. Non, les autorités vont s’associer avec des entreprises privées dès le mois de septembre prochain.

Et une expérimentation commencera dès ce vendredi 24 février en Normandie, où des voitures banalisées contrôleront discrètement les automobilistes qui ne respectent pas les limitations, sans toutefois les sanctionner pour le moment.

Totalement contre ce dispositif, l’association 40 Millions d’automobilistes a lancé une pétition.

Radars privés : qu’est-ce qui change vraiment ?

Actuellement, 383 voitures banalisées circulent sur les routes françaises avec des radars cachés sous leur plaque d’immatriculation, un appareil photo dissimulé derrière le pare-brise. À elles seules, ces voitures flashent environ 1,5 million d’automobiles par an (chiffres 2015). Chaque voiture nécessite de mobiliser un policier ou un gendarme, et un collègue chargé de programmer les limites de vitesse en fonction de la route empruntée.

Radar mobile

Crédit photo: Pascale Gétin / Auto Plus

Par manque de moyens humains, les voitures banalisées équipées de radars mobiles ne sont en service qu’une heure par jour (1h13 plus précisément).

Le nouveau dispositif prévoit que le nombre de voitures avec radars augmente à 450 d’ici l’an prochain. Avec des sociétés privées, il y aura donc plus de voitures dont le système intelligent ne nécessite qu’un seul agent à bord, et surtout elles pourront circuler sur les routes pour beaucoup plus longtemps, environ huit heures en moyenne.

Les entreprises privées ne seront autorisées que sur les routes qui auront été prédéterminées par la police et n’auront pas accès à l’information des véhicules ayant été pris en excès de vitesse.

Ces radars “privés” cibleront les automobilistes qui rouleront 10 km/h au-dessus de la limite autorisée dans les zones inférieure à 100 km/h, et flasheront les conducteurs qui rouleront 10% au-dessus de la limite autorisée dans les zones à plus de 100 km/h.

Des “machines à cash” dénoncées

Pour l’association 40 Millions d’automobilistes l’utilisation de sociétés privées pour conduire les voitures avec radar embarqué va faire passer le profit avant la sécurité routière. Toujours selon l’association, faire circuler les voitures 8 heures par jour reviendrait à dresser 12 millions de PV par an.

Dans un sondage réalisé du 10 au 12 janvier derniers par Harris Interactive, 78 % des Français se déclarent opposés à la privatisation de ces radars. Et 80 % estiment que le contrôle de la vitesse sur les routes doit rester du domaine des représentants du service public.

Pour rappel, le nombre de morts sur les routes ne baisse plus depuis deux ans et 3469 personnes ont perdu la vie en 2016.

Une pétition visant le million de signatures lancée

“La privatisation des radars embarqués n’a d’autre but que de générer, grâce aux amendes issues des contraventions, d’importantes sommes d’argent qui finiront dans les caisses de l’État […] En revanche, il n’existe aucune preuve que cette mesure ait un quelconque effet positif sur la sécurité routière”, s’indigne le président de 40 millions d’automobilistes, Daniel Quero.

“Partant du principe qu’une voiture-radar peut flasher trente automobilistes par heure, que le ministre de l’Intérieur souhaite que ces véhicules circulent huit heures par jour, ce sont plus de 38,5 millions de procès-verbaux qui seront dressés à l’encontre d’usagers de la route”, argumente-t-il. “Avec un montant moyen de l’amende à 56,85 €, l’Etat engrangera près de 2,2 milliards d’euros. À coup sûr, une excellente opération financière…”

Pour sa part, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière réfute cette accusation : “Il y a dans le refrain radars pompes à fric une profonde erreur car les chiffres démontrent complètement le contraire. Les radars, tous confondus, ont rapporté 920 millions d’euros l’an dernier, alors que l’Etat prévoit, dans le projet de loi de finances 2017, 3,3 milliards d’euros de dépenses pour la sécurité routière. Si le but était de gagner de l’argent, nous serions très très loin du compte.”

Pour remobiliser l’opinion contre ces radars, l’association a lancé depuis le 20 février une “manifestation numérique”, une première en France. Toute personne opposée à la mesure peut envoyer sa photo ou celle de son véhicule par MMS, ou simplement son prénom par SMS au 07.89.99.63.63, numéro ouvert pour l’occasion, ou sur le site www.nonalaprivatisationdesradarsembarques.com .

L’objectif est clair : réunir plus d’un million de messages en un mois et interpeller les candidats à la présidentielle.

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