Que font les régions pour favoriser l’écologie depuis les élections régionales ?

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Pollution de l'air à Paris, écologie

Quelles régions sont de bonnes élèves ou des cancres en écologie ? Etude de cas avec l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

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Depuis les élections régionales en décembre 2015, plusieurs administrations sont passées d’une majorité Socialiste à une majorité Les Républicains. Ce qui implique en théorie une autre façon d’administrer les régions concernées, y compris sur les questions écologiques.

Or, Les Républicains ne semblent pas totalement homogènes sur les questions écologiques. Entre un Xavier Bertrand qui préfère l’atome à l’éolien et une Valérie Pécresse entrée en guerre contre la pollution dans la région parisienne, les solutions écologiques ne font pas consensus chez les élus LR. En témoigne la gestion de deux régions: l’Île-de-France gouvernée par Valérie Pécresse, et l’Auvergne-Rhône-Alpes dirigée par Laurent Wauquiez.

L’Île-de-France et Paris en guerre contre la pollution

D’un côté, nous avons Anne Hidalgo, maire de Paris. De l’autre, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Et toutes deux s’intéressent à une question: la pollution de l’air parisien. Car depuis quelques temps, les pics de pollution de la Ville-Lumière et de ses environs ne cessent de susciter l’inquiétude des Franciliens et de faire l’objet de unes récurrentes dans la presse.

Pour répondre à cette préoccupation, la municipalité comme la région ont décidé de prendre des mesures ensembles. L’une des plus emblématiques est l’interdiction des voitures antérieures à 1997 de circuler dans Paris.

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Initialement portée par la municipalité de Paris, la région Île-de-France se joint à la mesure par la création d’un fond d’aide de 2,6 millions d’euros. L’objectif de ce fond est de soutenir les artisans et commerçants pour les inciter à remplacer leurs vieux véhicules par des modèles plus récents et moins polluants. Un fond qui s’inscrit dans un plus vaste plan de financement pour la qualité de l’air dont le montant est de 150 millions d’euros réparti entre 2016 et 2021.

Cette restriction, accueillie avec froideur par l’association 40 millions d’automobilistes, reste néanmoins une avancée pour une partie des Parisiens. Il faut ajouter à cette dernière d’autres mesures censées réduire aussi la pollution:

  • une baisse de la vitesse maximale de 20 km/h sur 46 km de routes nationales dans la région Île-de-France,
  • installation de dispositifs de récupération des particules fines dans le métro parisien,
  • remplacement des bus de la RATP par des modèles au gaz ou électriques,
  • aide financière aux ménages désirant remplacer le chauffage au bois par des solutions moins polluantes,
  • une écotaxe poids-lourds qui devrait permettre de financer les mesures écologiques de la région.

En d’autres termes, la région comme les communes de Paris et de la grande couronne semblent s’entendre sur un point: réduire la pollution coûte que coûte. Une initiative qui sera difficile à mettre en œuvre, mais qui pourrait avoir des résultats positifs sur la qualité de l’air francilien dans les années à venir. Mais malheureusement, l’Île-de-France n’est pas un exemple suivi par d’autres régions.

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’écologie en pleine tourmente

Parmi les régions qui vont à contresens de la politique écologique menée à Paris, on peut notamment prendre l’exemple de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a pour actuel président Laurent Wauquiez. Durant sa campagne, son programme présenté aux Auvergnats et Rhônalpins fait peu de cas de l’écologie, pour ne pas dire qu’aucune mesure n’a été posée sur la table. Plus remarquable encore, depuis sa prise de fonction, le président de la région enchaîne les décisions en opposition totale à l’écologie.

Parmi les mesures décriées, il faut citer la construction de l’autoroute A45, dont la région veut financer la construction à hauteur de 140 millions d’euros pour un projet coûtant environ 1 milliard d’euros. Ce vieux projet que plus d’un élu voulait concrétiser ces dernières années reliera Lyon à Saint-Etienne en plus de l’autoroute A47, jugée dangereuse et vieillissante. Problème, l’itinéraire de ce nouveau tronçon à grande vitesse passe dans 500 hectares de vergers et de terrains agricoles dans les coteaux du Jarez et les monts du Lyonnais. De quoi défigurer ces territoires de basse montagne par un ruban de bitume que beaucoup ne souhaitent pas voir naître. De plus, une hausse de 30% d’émission de gaz à effet de serre dans l’agglomération lyonnaise serait à craindre selon l’association Alcaly en plus d’éventuelles congestions dans le sud de la ville.

Autre mesure très critiquée, la fin d’un projet de parc naturel régional dans les gorges du Haut-Allier. En gestation depuis 5 ans, ce projet destiné à revitaliser l’activité économique rural par le tourisme tout en préservant ce territoire naturel est tombé à l’eau. La justification ? La nécessité de mettre « à la diète » la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui est pourtant une région moins endettée en comparaison à l’Île-de-France, les Hauts-de-France ou PACA. Une mauvaise nouvelle pour les habitants de ce territoire enclavé et à la beauté remarquable dont les seuls moyens d’accès majeurs sont le transport fluvial et le train.

Enfin, les AMAP (association de maintien de l’agriculture paysanne) verraient leurs subventions diminuer de 15 à 35%. Pour les 225 associations de la région, cette mauvaise nouvelle annonce des licenciements et une capacité réduite à faire la promotion d’une agriculture durable.

Ces mesures ne sont d’ailleurs qu’une partie des décisions contraires aux exigences écologiques: subventions des canons à neige de 10 millions d’euros, baisse des subventions aux associations de protection de l’environnement, le financement du Center Park à Roybon, etc. Il est intéressant d’ailleurs de souligner que dans la majorité gouvernant la région, huit élus sont d’anciens ou actuels membres de la FNSEA, syndicat agricole très influent et plutôt hostile aux mesures écologiques restrictives. La méthode de Laurent Wauquiez est claire: l’écologie est à proscrire des décisions économiques, en dépit du fait qu’elle permettrait justement d’accroître le dynamisme économique de la région.

Crédit photo principale : Flickr – Alberto Hernández

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