Attaque de Nice: « j’ai vu des corps voler comme des quilles de bowling »

Modifié le

Témoignage de l'attentat de Nice

Un journaliste présent sur les lieux de l’attaque de Nice raconte ce qu’il a vécu et ce qu’il a vu. Un témoignage effrayant.

Publicité

Damien Allemand est journaliste pour le journal Nice-Matin. Il était sur place au moment où un camion a foncé dans la foule qui rentrait tranquillement après le feu d’artifice du 14 Juillet à Nice. Dans un post de blog publié sur Medium, il raconte sa soirée qui a tourné au cauchemar.

C’était une soirée cool…

« C’était une soirée cool. L’ambiance était bonne, le feu d’artifice plutôt chouette, les gamins jetaient des galets dans l’eau et le réseau plantait. Bref, c’était une soirée cool, » commence-t-il.

« Dès la fin du show, on s’est tous levé, en même temps. […] Je zigzaguais entre les gens pour rejoindre mon scooter, garé à deux pas. Au loin, un bruit. Des cris, » poursuit-il.

Camion de la mort

Le journaliste de Nice-Matin a ensuite connu l’enfer, comme beaucoup de témoins. « Une fraction de seconde plus tard, un énorme camion blanc filait à une allure folle sur les gens donnant des coups de volant pour faucher un maximum de personnes. Ce camion de la mort est passé à quelques mètres de moi et je n’ai pas réalisé. J’ai vu des corps volaient comme des quilles de bowling sur son passage. Entendu des bruits, des hurlements que je n’oublierai jamais. J’étais tétanisé. Je n’ai pas bougé. J’ai suivi ce corbillard des yeux. Autour de moi, c’était la panique. Les gens couraient, criaient, pleuraient. Alors, j’ai réalisé. Et j’ai couru avec eux. »

Publicité

“Mettez vous à l’abri.” “Ne restez pas là”: “Où est mon fils? Où est mon fils?”

« Je voulais absolument savoir ce qu’il s’était passé. »

Damien Allemand est alors sorti. La Promenade des Anglais était déserte. « Aucun bruit. Pas de sirène. Aucune voiture. J’ai alors traversé le terre-plein pour retourner à l’endroit du passage du camion. »

« Des corps tous les 5m sans vie, des membres… Du sang. Des gémissements. »

« Cette soirée, c’était l’horreur »

Le journaliste veut alors se rendre utile, aider les blessés. Mais face à la panique, il reste tétanisé. « J’ai tracé. Tout droit. Récupéré mon scooter pour partir le plus loin de cet enfer. J’ai remonté la Prom’ [Promenade des Anglais, NDLR] et j’ai pris conscience de l’ampleur du drame. Des corps et des blessés jonchaient le trottoir jusqu’au niveau de Lenval. Les premières ambulances commençaient à arriver… Cette soirée, c’était l’horreur. »

Crédit photo principale : via Twitter

Répondre

Laisser un commentaire

Retrouvez également Newsly gratuitement sur votre boite mail et votre Smartphone: